ABILWAYS DIGITAL se dévoile ! Entretien avec Marion BREULEUX, responsable d’ABILWAYS DIGITAL

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ABILWAYS DIGITAL se dévoile ! Entretien avec Marion BREULEUX, responsable d’ABILWAYS DIGITAL

Marion Breuleux est responsable d’ABILWAYS DIGITAL et se présente comme une pirate de la formation.

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Marion Breuleux

 Passionnée par la révolution numérique et ses impacts, elle reste convaincue que le digital est plus un état d’esprit qu’une technologie. Elle prendra notamment la parole à l’occasion du petit déjeuner « Digital, Marre d’être has-been ! » qui aura lieu le 22 octobre prochain. D’ici là, on vous laisse découvrir son entretien où elle nous dévoile les coulisses d’ABILWAYS DIGITAL.

D’où vient l’idée de la création d’ABILWAYS DIGITAL ?

ABILWAYS DIGITAL est le fruit d’une stratégie offensive sur notre marché de la formation professionnelle mais aussi d’une stratégie défensive face à l’arrivée de pure players et au risque d’uberisation qui touche tous les secteurs.

Tout d’abord, le projet ABILWAYS DIGITAL est né d’un constat : le groupe ABILWAYS, avec l’ensemble de ses marques expertes (EFE, CFPJ, ISM-IDCC, ACP Pyramyd & E-Learning Time) a l’offre de formation la plus large sur le digital. Nous avions besoin de créer un endroit où toutes ces formations seraient rassemblées pour faciliter le travail et les recherches de nos clients sur la question brûlante de la transformation digitale.

Et très vite, ABILWAYS DIGITAL a été vu comme une opportunité de donner une image différente de notre métier et de tester de nouvelles choses !

Quelle est la mission d’ABILWAYS DIGITAL ? Et son empreinte dans le paysage de la formation ?

La mission d’ABILWAYS DIGITAL est triple :

  • Créer un espace unique où trouver toutes les formations dont une organisation ou un individu peuvent avoir besoin pour se préparer à la transformation digitale. Grâce à la synthèse des formations de nos marques expertes (communication, marketing, gouvernance et management, webdesign…) et des expériences pédagogiques exclusives.
  • Créer un espace unique où chacun peut trouver des informations à haute valeur ajoutée sur les problématiques de la transformation digitale. C’est l’objectif de notre magazine qui propose près de 15 publications mensuelles sous la forme d’articles, de dossiers, de vidéos, d’infographies
  • Enfin, ABILWAYS DIGITAL se veut un véritable laboratoire d’innovations à l’heure où les territoires du learning sont redessinés par l’arrivée de pure players et par l’évolution des comportements en matière d’apprentissage. Notre mission aujourd’hui, et partant, notre empreinte, est d’explorer les nouveaux territoires du learning et de proposer des expériences pédagogiques intégrant les codes du digital. Nous ne nous présentons pas comme un organisme de formation mais comme des explorateurs, des digital transformers et des assembleurs pour aider les organisations et les individus à s’intégrer dans cette nouvelle dynamique de change permanent qu’induit la digitalisation de l’économie.

Quelles caractéristiques devrait avoir une formation aujourd’hui pour réussir et se démarquer de ses concurrents ?

Le terme formation nous paraît aujourd’hui beaucoup trop réducteur pour définir ce dont les individus et les organisations ont besoin pour ancrer un changement durable et faire évoluer leurs pratiques. Aujourd’hui, la formation doit être pensée à la fois comme un processus permanent, comme une expérience mais aussi comme un consommable. Une action de formation doit s’inscrire dans le temps et proposer des expériences très différentes pour rythmer le processus d’apprentissage (de la vidéo, des conférences ou des webinars, des partages d’expériences avec des opérationnels extérieurs, des barcamps, des hackathons, des learning expeditions, etc.).

Enfin, parmi ces expériences apprenantes qui favorisent une pédagogique centrée sur le faire, l’ouverture, l’agilité et le partage, nous pensons que les apprenants doivent accéder à un savoir organisé, hiérarchisé et synthétisé pour gagner du temps. La formation aujourd’hui inclut aussi selon moi des consommables calqués sur le « média-snacking » permettant de nourrir ses réflexions ou de répondre à une problématique urgente : vidéo-learning, infographie, tutoriel, cartographie, etc.

Pourrait-on voir un jour apparaître une formation totalement digitale ?

C’est déjà le cas avec les MOOCs et les SPOCs. Pour autant, on constate que les taux de complétion sur ces formats pédagogiques sont souvent assez faibles. À mon sens, le 100% digital peut répondre à un besoin particulier mais il lui manque une dimension fondamentale : la rencontre physique de personnes et les échanges directs pour faire, fabriquer.

Cela peut bien entendu changer dans les années à venir. C’est bien cela qui est à la fois formidable et effrayant dans cette période de bouleversements numériques : nous ne savons pas quelle innovation de rupture pourra, demain, modifier nos manières d’interagir… et d’apprendre.

Quels sont les challenges pour manager une startup au sein d’un groupe ?

Les challenges sont nombreux ! Les premiers sont liés à l’isolement et au temps.

En tant que startupper interne, votre credo absolu c’est aller vite et ne pas s’embarrasser des process ou des circuits habituels de décision. Cette vitesse est un atout pour innover et répondre aux attentes du marché avec rapidité et agilité mais le risque est grand de s’isoler du reste des collaborateurs car pour aller vite et rester agile, vous devez parfois limiter le nombre de parties prenantes à vos projets voire ne pas faire appel aux expertises établies en interne pour pouvoir proposer des choses en rupture.

Ensuite et par voie de conséquence, trouver sa juste place dans des process qui ne sont pas adaptés au mode de fonctionnement d’une startup est un challenge de taille. La tentation est grande de court-circuiter les process classiques de la structure : arbitrages budgétaires, règles comptables, circuits habituels de décision… C’est d’ailleurs souvent ce que l’on attend de vous mais cela peut créer des frottements dans l’organisation et des incompréhensions de la part d’autres collaborateurs qui restent dans un cadre préétabli. Le défi reste de développer une résistance à la pression bien plus forte.

La pression vient de toute part : pression financière, car il faut rentabiliser les investissements réalisés ; pression des clients qui nous confient des projets stratégiques sur un sujet nouveau et nous demandent d’aller très vite, d’être frugal tout en maintenant un degré d’exigence très élevé ; pression du marché qui continue d’innover chaque jour et qui peut nous rendre has-been du jour au lendemain ; pression des équipes internes qui entendent beaucoup parler de nous et qui attendent des résultats probants pour nous accorder leur confiance pleinement, etc.

Par ailleurs, en tant qu’intrapreneur ou startupper interne, on devient très exposé car on incarne sa structure et on représente un changement souvent perçu de manière ambivalente : à la fois comme une opportunité, mais aussi comme une menace.

Quelle culture et quel état d’esprit avez-vous développés pour réussir ce défi ?

Je pense que ce sont justement mon état d’esprit et ma manière de travailler qui ont fait que j’ai été amenée à relever ce défi. Finalement, je m’aperçois que je n’ai jamais beaucoup aimé les règles, les process, les circuits de validation, etc…

Je réalise aussi que la polyvalence, parfois poussée à l’extrême, le changement voire le tourbillon permanent, le fait de ne pas savoir ce que je ferai ou vendrai demain, de devoir construire quelque chose de nouveau chaque semaine, bref, d’être en permanence hors de ma zone de confort, c’est ce qui me plaît dans ce projet.

J’ai un côté entrepreneur qui s’épanouit très bien dans cette mission !

Comment stimulez-vous votre veille et votre créativité ?

Je n’ai pas une veille très structurée ou très organisée mais je me nourris de sources très différentes. J’ai la chance de recevoir énormément d’articles venant de collaborateurs ou de dirigeants internes qui lisent beaucoup. Bien entendu, je suis énormément de choses sur Twitter mais aussi sur Facebook qui restent mes deux outils de veille principaux.

La créativité vient aussi des échanges avec les autres et de la confrontation d’idées. Travailler avec de jeunes étudiants est une grande source d’inspiration car ils n’ont pas encore été formatés par l’entreprise et pensent fondamentalement hors du cadre. Échanger avec des clients issus de tous les secteurs, analyser leurs problématiques, leurs demandes est aussi une source de créativité inépuisable ! Pour autant, la créativité a parfois besoin d’être réactivée car je crois que nous avons tous tendance à rechercher la routine ou du « faisons comme d’habitude » !

Ce qui m’intéresse aujourd’hui dans mon métier, ce n’est pas de proposer et de vendre de la formation : c’est de proposer des expériences différentes qui permettent d’apprendre à faire les choses différemment. Si pour cela, il faut chercher l’inspiration du côté des hackers ou des modes de consommation de l’information, je trouve cela plutôt stimulant !

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