Métiers du digital

Après le CEO, place au Chief Engagement Officer

À l’ère de la transformation numérique, le CEO voit son rôle évoluer vers la fonction de Chief Engagement Officer. Un profil clé dont la mission est de faire évoluer la culture de l’entreprise et d’accompagner les collaborateurs face à l’arrivée du digital. Retour sur la place essentielle du CEO dans la transformation culturelle de l’entreprise.

Concevoir la stratégie de l’entreprise, décider des budgets, encadrer les collaborateurs… on connait les fonctions les plus évidentes du Chief Executive Order et plus généralement celles des top executives de l’entreprise. Mais l’une de ses plus grandes responsabilités concerne l’acculturation numérique des collaborateurs, une étape décisive dans la digitalisation de l’entreprise. 

Premier cap : réussir sa propre transformation

Avant d’embarquer ses collaborateurs et avoir un impact sur son organisation, le dirigeant doit apprendre à se transformer lui-même et à sortir de sa zone de confort. Une évolution qui passe souvent par une remise en cause de ses propres certitudes. Pour apparaître comme un leader éclairé et légitime sur les questions du numérique, le CEO doit lui-même se familiariser avec les outils digitaux, plonger au sein de l’écosystème numérique et développer une présence active sur les réseaux sociaux.

Les learning expeditions, voyages d’inspiration, représentent également une excellente opportunité pour le CEO de découvrir de nouvelles manières de faire et de repenser son organisation. Le dirigeant doit s’ouvrir à un certain nombre de disciplines et de techniques d’innovation tels que le lean startup et le design thinking pour enrichir ses connaissances et multiplier ses savoir-faire.

Le dirigeant, l’évangélisateur de l’entreprise

Passé le cap de sa propre transformation, le CEO doit également endosser le rôle de “Chief Engagement Officer”, une fonction destinée à fédérer les collaborateurs autour de l’entreprise et à les accompagner dans le processus de transformation numérique.

Pour cela la notion de confiance est primordiale : c’est grâce à celle-ci que les salariés se sentiront responsabilisés et trouveront au mieux les solutions pour gérer leurs projets.

L’appellation de Chief Engagement Officer ne saurait seulement désigner l’autre CEO mais toute personne disposant d’un leadership influent, selon John Smythe, auteur de l’ouvrage The CEO : Chief Engagement Officer. Le dirigeant de l’entreprise semble toutefois le mieux positionné pour donner une véritable impulsion pour mettre en œuvre les changements.

Pour susciter l’adhésion des collaborateurs, le Chief Engagement Officer doit transmettre son enthousiasme pour les nouvelles technologies et évoquer de manière transparente les enjeux de transformation avec les salariés. Concrètement, ce deuxième CEO crée les conditions favorables à leur acculturation numérique : à l’écoute des besoins des collaborateurs et des spécificités de leur métier, il propose des outils adaptés, met en place des formations pour familiariser les collaborateurs mais aussi encourage les initiatives personnelles, les laissant expérimenter et développer des solutions innovantes dans un environnement sécurisé, à l’instar de l’intrapreneuriat. Le Chief Engagement Officer peut ainsi lancer de nombreuses initiatives pour insuffler de la culture digitale et l’innovation dans le quotidien des collaborateurs.

Le Chief Engagement Officer est chargé également de favoriser la communication en interne en facilitant la coordination entre les différents départements et en entretenant le dialogue entre dirigeants, managers et collaborateurs. Parmi ses autres missions, il doit s’engager à fournir des feedbacks sur les performances des salariés à travers des indicateurs précis et éclairer chaque collaborateur sur la place dans ce processus de transformation. Autant d’initiatives qui peuvent amener les salariés à embrasser le changement.

Ils l’ont dit

David Guiraud et Thierry Géant, coachs de dirigeants chez VISCONTI

“Toute tentative de nouvelle stratégie est vaine si elle ne s’accompagne pas de cet indispensable saut culturel et pratique dont le dirigeant doit être le premier acteur et le meilleur évangélisateur.”

Pour aller plus loin :