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Ce qu’il faut retenir du rapport « 2017 state of Digital Transformation » de Brian Solis

Sa publication est toujours très attendue. L’analyste-star Brian Solis vient de publier son 3e rapport annuel sur l’état de la transformation digitale dans le monde, fruit de plus de 500 interviews de Chief Digital Officers ou de responsables du digital

Cette nouvelle étude dresse un constat sans appel : malgré  l’attention croissante autour du sujet dans les milieux business, la transformation digitale peine toujours à se matérialiser en investissements en nouvelles technologies, nouveaux modèles ou nouvelles équipes. Comme si l’urgence de la transformation était martelée dans la plupart des séminaires mais peinait à se réaliser sur le terrain.

Premier frein : l’absence d’investissement sur le long terme

« Souvent, quand les entreprises investissent dans des plans de transformation digitale, ils sont vus comme des dépenses à court terme avec très peu de budget et de ressources, déplore Brian Solis. Ce ne sont pas les investissements à long terme qu’il faudrait engager pour avoir des succès à long terme ». Le problème apparaît d’autant plus évident pour les entreprises qui se portent bien financièrement et pour lesquelles les actionnaires renâclent souvent à investir de grosses sommes pour la transformation digitale. Or, sans un vrai investissement sur le long terme, avertit l’analyste d’Altimeter, le retour sur investissement a peu de chance d’apparaître dans les comptes. Le coût de la transformation digitale est le deuxième principal obstacle à celle-ci, cité par 30,9 % des interviewés.

Pas d’outil pour définir la stratégie de transformation

Brian Solis relève une contradiction dans le discours des dirigeants en charge du numérique. 64,4 % des interviewés citent l’évolution des comportements et des préférences du consommateur comme l’une des motivations principales pour entamer un plan de transformation. Pourtant, seulement un tiers des entreprises interrogées ont eu recours, au cours de l’année dernière, à une customer journey map, un outil marketing indispensable pour définir et prioritiser les stratégies de transformations digitale. De même, moins de la moitié des entreprises ont étudié en quoi le mobile affecte les points de contact avec le consommateur.

Autre enseignement de cette étude : les résistances humaines (politique, ego, sabotage…) restent un grand facteur de blocage : 23,7 % des répondants les citent comme l’un des principaux challenge. C’est une donnée qu’il faut absolument prendre davantage en compte, selon Solis : « Il n’y a pas assez de conversations au sujet de la transformation digitale qui se focalisent sur les dynamiques humaines ».

Des avancées surestimées par les chefs d’entreprise ?

Enfin, avertit Brian Solis, en termes de transformation digitale, il faut faire attention à ne pas se voir trop beau : « En fait, quand les patrons comparent leur efforts à notre modèle “Les 6 étapes de la transformation digitale”, ils estiment systématiquement qu’ils sont arrivés plus loin qu’ils ne le sont vraiment ». Attention à l’excès d’auto-satisfaction

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