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Métiers du digital

Cloud broker, courtier des ressources informatiques

Intermédiaire entre les géants de l’informatique en nuage (Cloud Computing) et les entreprises, le cloud broker connaît son marché mieux que personne et propose des offres sur mesure à des structures qui ouvrent leur système d’information aux prestataires.

Décider, concevoir et piloter

Les ressources informatiques utilisées par les entreprises débordent désormais le cadre classique de leur propre système d’information, et de loin.

Pour des questions de coût ou de performance, la gestion de la puissance de calcul et le stockage des données ne sont plus uniquement confiées aux équipes informatiques internes. L’ensemble de ces ressources tend à migrer vers les serveurs des spécialistes du cloud public, qui proposent de les utiliser et de les facturer à l’usage.

Surtout que la consolidation technologique assure désormais un même fonctionnement dans le datacenter de l’entreprise (il s’agira d’un cloud privé). Ce qui ouvre la voie à des usages mixtes : on parle alors de cloud hybride.

Amazon avec AWS, Microsoft avec Azure, ou encore Google et bientôt le chinois Alibaba ; des géants de l’Internet proposent désormais aux entreprises d’héberger leurs données, qu’il s’agisse d’email, de documents administratifs, mais aussi des données critiques.

Et au-delà du stockage d’information, les prestataires proposent de la puissance de calcul, pour faire tourner par exemple un site de e-commerce ou le logiciel de gestion RH de son client.

Il s’agit au final d’utiliser l’infrastructure d’un prestataire, c’est-à-dire ses serveurs et ses instances de stockage, comme un service (l’acronyme anglais est IaaS pour Infrastructure as a Service).

Un courtier du cloud, en interne ou en externe à la DSI

En conséquence, la compétence des membres de la DSI de l’entreprise évolue : il s’agit de moins en moins pour eux d’effectuer la maintenance d’une baie de serveur ou de changer les disques durs assignés au stockage. Mais de connaître les critères des différents contrats de cloud computing qu’ils engagent.

Pour les accompagner, un nouveau métier apparu sous la plume de l’analyste du Gartner Darryl Plumer, est en passe de s’imposer : celui de courtier en prestation de cloud computing, ou cloud broker. En relation avec les entreprises et les prestataires de cloud, le cloud broker agit en tant qu’intermédiaire, et propose aux clients son expertise pour analyser leurs besoins et les conseiller.

À noter que si la définition tend à évoquer le rôle d’acteurs externes à l’entreprise, certains considèrent que les cloud brokers peuvent être intégrés à la DSI. Souvent, le cloud brokering relève d’une organisation, mais on croise également des consultants individuels qui pratiquent cette activité.

Évangéliser sur les questions de cloud

Le rôle du courtier pourra être simplement de faire économiser du temps à son client en recherchant pour lui les offres adéquates à ses besoins de performance et de prix.

En amont, son rôle d’avant-vente consistera à évangéliser ses prospects sur les intérêts du Cloud Computing. Gartner affirme que 83 % des DSI considèrent le IaaS comme une option sérieuse, et que 10 % d’entre eux utilisent déjà cette technologie de manière prioritaire. Mais comme le cabinet d’études pronostique une croissance des dépenses des clients de 29,1 % dans ce domaine sur la période 2014-2019, nul doute que le marché va rapidement mûrir.

Mais pour ce faire, encore faut-il que les entreprises, de plus en plus les directions métiers et non plusles DSI, sachent ce qu’elles veulent. Le rôle de conseil du cloud broker sera donc très important pour construire un cahier des charges et des budgets réalistes.

Vers un rôle d’agrégation des clouds

Une fois son étude de marché réalisée, le cloud broker va présenter au client une short-list de prestataires intéressants. De quoi soulager considérablement celui-ci quant au choix final.

Débute alors la partie négociation contractuelle avec l’heureux élu. Là encore, le cloud broker joue un rôle important si l’entreprise choisit de lui déléguer cette responsabilité.

Surtout qu’en fonction des différents besoins, le cloud broker pourra dispatcher la consommation des ressources chez différents prestataires. Pour casser la complexité de ce montage, le courtier pourra fournir un outil logiciel de gestion globale à l’entreprise, lui permettant de visualiser ressources et consommation comme sil elles émanaient d’un seul prestataire. On parlera alors, en plus de la fonction de cloud broker, de celle de cloud aggregator, ou agrégateur de cloud.

Par la suite, un cloud broker pourra proposer au client d’ajouter sa propre couche de service aux prestations sélectionnées. Sauvegarde, chiffrement, gestion du cycle de vie de la donnée : tout est imaginable.

La rémunération des cloud brokers s’effectue le plus souvent en heures de conseil, bien que le modèle de ce nouveau métier soit encore en évolution. Un agrégateur de cloud pourra par exemple facturer ses services supplémentaires sur une base forfaitaire ou à l’usage. À l’inverse, si un cloud broker travaille régulièrement avec un ou plusieurs prestataires de cloud, il pourra prendre un pourcentage du contrat remporté avec son client, en tant que rapporteur d’affaires.

Côté formation, le cloud broker possède une double casquette juridique et informatique qui permet à ses clients de lui faire confiance tant sur la partie contractuelle que performance des prestations qu’il négocie pour eux.

En chiffres

  • Les solutions Cloud ainsi que les différents services IT associés (conseil, formation, intégration…) ont représenté, en France, 2,8 milliards d’euros de revenus en 2012 selon Markess International.

  • By 2015, at least 20% of all cloud services will be consumed via internal or external cloud service brokerages, rather than directly, up from less than 5% today (Gartner).

Ils l’ont dit

Roopangi Kadakia, Web services executive (NASA) :

“ The broker needs to have the ability to find the best services ”

Chuyen Huynh, expert cloud :

“ Certains de mes clients se sont aventurés seuls dans le cloud et ont perdu beaucoup d’argent ”

Les profils à suivre

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