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Digital For The Planet : comment limiter notre pollution numérique – Anthony Alfont

Chacune des recherches sur Google, email envoyé, vidéo consultée sur YouTube, achat électronique… contribuent à faire exploser la pollution numérique que nous générons tous. L’ONG Digital for the Planet, créée en 2017, a pour but d’alerter, informer et conseiller les entreprises et les citoyens autour de l’écologie digitale. Nous avons échangé avec Anthony Alfont, Chief Operating Officer de l’ONG, qui nous en dit plus sur leur lutte contre la pollution digitale et nous livre des astuces pour être plus écolo sur le web !

Digital for the Planet : comment limiter notre pollution numérique – Anthony Alfont


Digital for the Planet en 2 phrases

Pouvez-vous nous expliquer l’action de votre ONG Digital for the Planet ?

Digital for the Planet est un global Earth Project. Notre rôle est d’être le point de rencontre entre les chercheurs et les ingénieurs, entre les solutions innovantes et les besoins des entreprises et institutions autour des enjeux d’écologie digitale.

Votre mission sur terre

Quel est votre objectif ?

Sensibiliser à l’écologie numérique, c’est-à-dire à l’impact du digital sur la planète, au phénomène de pollution numérique que l’on appelle aussi « pollution bleue ». L’écologie numérique consiste à modifier les comportements des citoyens et les usages des entreprises qui sont les premiers foyers de pollution numérique pour créer de nouvelles chaînes de valeurs économiques.

Vos actions

Comment votre ONG agit-elle ?

Digital for the Planet mêle deux activités :

  • Il y a d’abord un travail de plaidoyer : Digital for the Planet est une ONG qui établit des normes environnementales en matière de numérique, travail pour lequel nous ne réalisons aucun profit.
  • Ensuite, nous développons des solutions IT for Green en projetant les enjeux du futur. Pour cela, on s’entoure de technologistes venant du monde entier. Notre première solution de machine learning, Plana, sortira d’ailleurs début 2019.
  • Enfin, un accompagnement pour toutes les structures qui souhaiteraient s’adapter à ces changements : nous accompagnons des villes, des entreprises, des voyages d’études spécifiquement axés sur la thématique du développement numérique durable.

La pollution numérique : qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce qu’est la pollution numérique et quelles en sont les causes  ?

Il est important de distinguer 3 temps pour définir la pollution numérique et ses causes : 

  • La phase de production : près de 758 millions de dispositifs électroniques ont été mis sur le marché en 2016. Ils contiennent des métaux rares qui épuisent des réserves non renouvelables. Ils proviennent souvent d’Afrique, par exemple de la République démocratique du Congo pour le coltan, et conduisent à des conflits armés et à la délocalisation de la population. La fabrication de smartphones, de l’approvisionnement en matériaux à l’assemblage, représente selon l’INC, plus de 80% des impacts environnementaux. Les minerais et métaux précieux contenus dans les appareils électroniques peuvent être toxiques pour les fabricants, s’ils sont en contact avec des déchets, et pour l’environnement. Certains composants comme le chrome sont maintenant interdits en raison de leur toxicité.  Enfin, pour un smartphone, « la seule fabrication d’une puce de deux grammes implique le rejet de deux cent kilogrammes de matériaux ».
  • La phase de consommation : nous vivons à l’heure actuelle une vraie révolution industrielle qui est apportée par le numérique. Cette révolution s’accompagne par de nouveaux usages pas forcément écologique… Ces usages sont aussi vecteurs de pollution.
  • La phase de gestion des appareils en fin de cycle : le recyclage des appareils est un enjeu environnemental puisque la majorité d’entre eux sont envoyés à la décharge et contiennent des pièces qui peuvent être dangereuses pour l’homme et l’environnement. Ils sont généralement transportés vers les pays du Sud, comme la Chine, où le tri coûte moins cher, mais où le recyclage n’est pas optimal. Seulement 15% des téléphones portables sont recyclés en France.

Comment agir ?

Quelles actions les entreprises et les citoyens peuvent-ils mettre en place pour lutter contre cette pollution numérique ? 

Il existe des actions citoyennes faciles à appliquer, chez soi comme en entreprises. Il s’agit déjà de vraies actions de transition vers un numérique responsable :

  • L’utilisation de moteurs de recherches responsables comme Ecosia ou Lilo, qui s’appuient sur la compensation énergétique via la plantation d’arbres ou encore sur une dynamique circulaire en reversant des dons gratuitement à des associations caritatives tournées vers la préservation de l’environnement.
  • L’utilisation de solutions de traitement des emails intempestifs, comme Cleanfox qui permettent à chacun de réduire l’impact de sa boîte mail.
  • La mise en place de solutions technologiques permettant une économie d’énergie au sein des entreprises est aussi un axe majeur : les entreprises doivent devenir des écosystèmes numériques vertueux. Pour cela elles peuvent utiliser des outils de conception informatique qui permettent une économie conséquente d’énergie électrique, comme la migration la dernière version langage de programmation PHP7…

Remember the future 

Comment imaginez-vous le futur de l’écologie numérique ? 

La société de demain sera une société basée sur le numérique. Travailler dès maintenant sur ces sujets, c’est s’assurer que le modèle économique et sociétal dans lequel nous vivrons sera bienveillant vis-à-vis de notre planète. Chez Digital For The Planet, nous espérons une chose : c’est que l’écologie digitale soit un non sujet d’ici 2030. Cela signifiera que citoyens, entreprises et pouvoirs publiques auront posés les bases pour un futur dans lequel l’humanité aura sa place.

Pour aller plus loin :