Digital learning manager

Métiers du digital

Le Digital Learning Manager connecte la formation

Le Digital learning manager semble la nouvelle pièce maîtresse de la formation des nouveaux métiers. Mais qui est-il ? Quelles sont ses missions ? Son profil type ? Proposer de la formation pour un public international et à des équipes multilingues. Simplifier la logistique et former le plus d’employés possible. Voici des défis qui se posent, par exemple, aux responsables du Club Med. Les instruments pour y faire face ?  La digitalisation de la formation bénéficie de l’apparition de nouveaux outils comme les serious game ou encore les MOOCs. Et à la baguette, un nouveau professionnel : le Digital Learning Manager (DLM).

Digital learning manager : pièce maîtresse de la formation des nouveaux métiers

Mondialisation des marchés et des entreprises, impératifs économiques de réduction des coûts de formation, nécessité d’adapter les compétences métiers à des produits et services en constante évolution ; la formation continue dans l’entreprise se doit d’évoluer au gré de besoins nouveaux.

Surtout, la numérisation des métiers rend tout aussi nécessaire un accompagnement des équipes pour éduquer sur les nouveaux outils tout en répondant aux objectifs business.

Et cela passe par de nouveaux formats d’apprentissage et de nouvelles expériences pédagogiques. D’après E-learning! Magazine, plus de 40 % des entreprises du fortune 500 utilisent déjà des outils numériques pour assurer la formation de leurs équipes. Une tendance de fond puisque le marché du e-learning est en croissance de 23 % par an.

Pourquoi un tel progrès ? Jusqu’alors cantonnée à la portion congrue de la formation, la part du numérique dans la formation n’est que de 1 % en France, l’e-learning n’a pas eu bonne presse pendant longtemps.Trop cher et inefficace, il n’a pas convaincu et la bulle Internet l’a presque achevé. Mais un souffle nouveau voir le jour, poussé par un important travail d’évangélisation.

« Le digital est parfois perçu comme quelque chose d’obscur pour les dirigeants, difficile à appréhender mais avec un avantage certain sur lequel il faut absolument utiliser et capitaliser » indique Marie Descat, Digital Learning Manager chez Danone.

En un mot le Digital Learning Manager doit avant tout être un pédagogue spécialisé dans la technologie, mais aussi stratège pour faire de la formation numérique un outil qui compte dans l’entreprise.

Anticiper les évolutions du métier : une hybridation de la formation et du numérique

En entreprise comme dans l’enseignement supérieur où son rôle est moins de former au numérique que par le numérique, le Digital Learning Manager dispose de nombreux nouveaux outils qui modifient le rapport à la formation. Les MOOCs (Massive Open Online Course), la vidéo, le reverse mentoring, le blended learning, les barcamps ou les hackatons ont changé le paysage de l’apprentissage et offrent de nouveaux territoires au Digital learning manager pour repenser la stratégie de formation.

La formation présentielle et le e-learning se rapprochent de plus en plus pour proposer des solutions mixtes. L’idée est de “remettre un peu de la chair qu’on a enlevée avec la vidéo – elle oblige à aller à l’essentiel –, sans les anecdotes” explique Pierre Dillenbourg, directeur académique du Centre pour l’éducation à l’ère digitale de l’EPFL.

A terme, le Digital Learning Manager doit également anticiper les besoins en termes de pédagogie et de métier, pour doter son organisation des outils adaptés.

Le Department of Labor des Etats-Unis indiquait début 2104 que “65 % des écoliers d’aujourd’hui exerceront, une fois diplômés, des métiers qui n’ont même pas encore été inventés”.

Dans ce contexte, il y a fort à parier que le rôle de la formation continue va exploser. Si les métiers de demain ne peuvent être enseignés à l’école, le Digital learning manager pourrait devenir la pièce maîtresse de la formation à ces nouveaux métiers.

Mais en attendant, c’est la fonction de  Digital learning manager qui reste pour une large part à définir. “Qu’est-ce qu’un digital learning manager ? Un chef de projet ? Un formateur ? Un ingénieur pédagogique ? Un consultant ?” s’interroge Antoine Amiel, fondateur de Learn Assembly.

Si sa mission est clairement d’utiliser les nouvelles technologies pour proposer des outils de formation innovants, il doit également renforcer la culture numérique des collaborateurs. Et là, la définition du périmètre est moins arrêtée.

D’autant que le métier étant très récent, il n’existe pas de formation type.

Cependant, un certain nombre de masters spécialisés sont proposés dans des universités françaises, centrés autour de la gestion de projet multimedia à Nanterre, Lille ou encore Toulouse. 

Les entreprises, elles, cherchent des profils avec une dimension technologique, une expérience dans la formation et surtout un leadership et la capacité d’évangélisation sur un sujet encore récent et trop peu intégré par les collaborateurs.

Pascal Aubert, responsable e-learning chez NATIXIS, détaille son parcours et indique qu’après une école d’ingénieur il a d’abord été intégré au service IT avant de migrer vers la formation où il a pu mettre ses deux compétences au service de l’entreprise.

Côté salaire, c’est très fluctuant, en fonction de l’entreprise et de l’expérience. Un Digital learning manager junior pourra compter sur une rémunération proche de celle d’un chef de projet web ou d’un chargé de formation à expérience égale, soit entre 25 000 et 40 000 euros. Cependant, avec la montée en puissance du numérique pourrait rapidement concurrencer les Directeurs de formation, qui peuvent toucher jusqu’à 70 000 euros par an pour les seniors d’après Hays.

Digital Learning Manager : la boîte à outils 

  • Le présentiel mixte ou “blended learning” : modalités distancielles associées au présentiel avant, pendant et après la formation
  • Les webinars : séminaire web interactif que l’on peut suivre en direct ou en différé. 
  • Les MOOCs & les COOCs : acronyme de « massive online open courses » (cours en ligne ouvert et massif) pour se former grâce au télé-enseignement. Le Cooc est la version corporate créée dans et par les entreprises.
  • Le reverse mentoring : dispositif où un junior coach un senior pour lui transmettre les nouveaux codes et actualiser les connaissances son aîné sur certains sujets. 
  • Les Barcamps : ateliers-événements participatifs où chaque éléments de contenu est fourni par les participants.
  • Les Learning expeditions : mission d’étude qui consiste à rentrer en contact avec le réseau et l’écosystème d’une entreprise pour en savoir plus sur son savoir-faire
  • Les Hackatons : événement où des développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative

Chiffres clés :

  • 1 %, c’est aujourd’hui ce que représente la part du numérique dans la formation
  • 23 % : c’est la perspective de croissance annuelle du marché mondial du e-learning d’ici 2017

Ils l’ont dit

Pascal Aubert, responsable e-learning chez NATIXIS : “Le réflexe devient : Pour me former, je me connecte.”

Pour aller plus loin 

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