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Espaces de co-working : effet de mode ou réponse à de réels besoins ?

Depuis quelques mois, les espaces de coworking fleurissent, souvent liés à des initiatives de soutien en direction des start-ups et des entrepreneurs indépendants. Tour d’horizon de ces activités qui, plus qu’un simple effet de mode, semblent répondre à un réel besoin de soutenir l’entrepreneuriat.

Inventés à la fin des années 2000 sur le principe de bureaux partagés, les espaces de coworking renvoient désormais à une notion d’économie collaborative, permettant la création d’un  réseau d’entrepreneurs encourageant l’échange et l’ouverture. Avec la multiplication de la pratique professionnelle en tant que travailleur indépendant et celle des startups, ces espaces de “cotravail” proposent ainsi un espace de socialisation, équivalent à celui d’une entreprise ou d’une association, auquel s’ajoute une dimension d’entraide grâce à un partage d’expertises et de ressources, souvent autour d’évènements et de rencontres.

New York : pionnier des espaces de co-working

New York fait partie des toutes premières métropoles à avoir développé des lieux d’accueil pour des petites équipes ou des travailleurs indépendants. Des concepteurs, créateurs, développeurs, consultants ou cadres itinérants s’y retrouvent, ayant choisi de travailler dans des espaces ouverts, propices aux échanges et financièrement moins onéreux que les locations de bureaux. Beaucoup de ces espaces de coworking opèrent comme des campus pour start-ups, en procurant des accès wifi, mais aussi des contacts avec des investisseurs, des serial entrepreneurs d’horizons divers agissant comme des mentors. Ces lieux constituent donc un terrain fertile pour des échanges directs entre des créateurs d’entreprise, des concepteurs, des développeurs ou designers. Parallèlement aux espaces de travail, les initiatives ouvertes à New York incluent souvent l’accès à des salles de réunion, des salles de téléconférence (sponsorisées par Skype ou Webex…), une bibliothèque, une cuisine et un bar tout équipés, des casiers consignes de rangement et un parking pour les vélos… Le coût commence à 30 dollars par jour, ou 100 dollars pour 4 utilisations par mois ou encore un abonnement mensuel à 300 dollars.

Un succès grandissant en France

Ce genre de nouveaux espaces de coworking se répand à Paris, Lyon, à Bordeaux… Ces lieux généralement conviviaux ont d’autant plus de succès qu’ils permettent des échanges professionnels, des conseils ou partages d’expérience entre entrepreneurs. Dès 2007, à Marseille fut créée la Boate et à Paris, en 2008, la Cantine pour héberger notamment des start-ups. Le réseau des Cantines « high tech » a essaimé dans plusieurs grandes villes : Nantes, Rennes, Toulon, Toulouse.
Lyon s’est illustré avec l’ouverture de l’espace La Cordée et, en 2013, a ouvert l’équivalent à Paris. Toujours à Lyon, l’initiative du Webup Space propose la mise à disposition de postes de travail (pour 129 à 189 euros ht par mois, avec un casier ou armoire de rangement, une connexion internet, une salle de réunion, un espace de détente cafétéria ; accès 24h/24 et 7 jours/7.

Au-delà du simple hébergement d’entrepreneurs, cette initiative vise à fédérer une communauté de freelances et de jeunes startups « afin de faciliter les échanges entre eux et générer ainsi une vraie valeur ajoutée à leur colocation ». Il existe également en France des initiatives de partage de locaux, équivalentes à celles de 42 Floors aux Etats-Unis comme « Bureaux à Partager » (BAP).

Coworking : le vivre ensemble par le faire ensemble

Certains projets peuvent être plus modestes, mais non moins dynamiques, souvent liés à des initiatives de collectivités cherchant à créer les meilleures conditions possibles pour accueillir des start-ups. Ces projets, comme La Fonderie, sont souvent à l’origine de partenariats publics/privés entre collectivités, chambres de commerce et promoteurs immobiliers, dans le cadre de projets d’urbanisation ou de réaménagement de quartiers ou de création de zones d’activité, ou dans le contexte nouveau de « villes intelligentes » (smart cities).

Parfois, ce sont les collectivités elles-mêmes qui pilotent et animent les projets en leur donnant une dimension sociale et solidaire. Implicitement, ils peuvent également porter de nouvelles formes de démocratie participative. La ville de Sceaux en est un exemple : pour son programme « Sceaux Valley », la ville a mis en place une plateforme d’échange en ligne, Up Sceaux, qui permet d’accompagner des porteurs de projets en mettant en relation divers acteurs, publics, privés, associatifs, citoyens.

Othmane Khaoua, conseiller municipal délégué à l’Economie Sociale et Solidaire (Sceaux) :

L’un des enjeux de ces espaces de coworking, c’est aussi le bien vivre ensemble, par le faire ensemble

Un espace de coworking, Sceaux Smart, de 350 m2, avec possibilité de location de postes de travail, a ainsi été créé de façon associative. Les locaux sont loués à la ville. Dans le même temps, suite à une consultation citoyenne, la ville s’est associée à Mutum, une plateforme de prêt d’objets et d’échange de services entre citoyens qui s’appuie sur une monnaie virtuelle pour créer La Communauté Mutum propre à la ville. Un FabLab est également à l’étude, qui sera ouvert aux jeunes et aux moins jeunes, afin de susciter des liens intergénérationnels. En bref, le coworking est bien plus que la mise à disposition de mètres carrés. Dans l’esprit, il s’agit bien de susciter et soutenir l’esprit d’entreprenariat. A l’heure où la création d’entreprise est privilégiée pour relancer l’économie et l’emploi, c’est devenu aujourd’hui un vrai levier économique et social.

Ils l’ont dit

Fred Wilson, président d’Union Square Ventures, à New York:

« Les principaux avantages du coworking sont la « camaraderie » (les petites start-ups peuvent être solitaires), le partage de connaissances, une haute énergie, la culture et le partage des coûts (…). Cela peut s’appliquer à tous les secteurs d’activité – finance, droit, marketing… »

Othmane Khaoua, conseiller municipal à Sceaux (92) :

« La création d’espaces de coworking fait parties des initiatives contribuant au ‘bien vibre ensemble’ en organisant le ‘faire ensemble’ ».

En chiffres

Il existe environ 5 000 espaces de coworking dans le monde, dont près de la moitié en Europe (enquête IPSOS). En France, plus de 100 000 personnes travaillent ou ont déjà travaillé en espace de coworking. Le pays se classe au 6ème rang mondial en nombre d’espaces de coworking (Source Deskwanted, 2015)

Près de 35 % des acteurs occupent leur espace de coworking pendant au moins un an et 30% restent jusqu’à deux ans (Enquête Ipsos, BPI France, 2014).
73 % des espaces coworking français s’attendent à voir croître le nombre de leurs utilisateurs en 2016 (The Social Workplace Conference, 2015).

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