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Intelligence artificielle : entre fiction et réalité

Depuis plusieurs décennies, films d’anticipation et blockbuster ont nourrie notre imaginaire sur l’intelligence artificielle. Matrix (1999) nous relatait un monde illusoire contrôlé par des machines pondeuses d’êtres humains réduits en esclavage. Dans Terminator (1984), c’est l’impitoyable Skynet, une intelligence artificielle militaire, qui détruit le monde. Et dans « 2001 : L’Odyssée de l’espace » (1968), l’évolution de l’humanité est mise en péril par une intelligence inconnue.

Maintenant que l’IA sonne à notre porte (ou est peut-être même déjà confortablement installée dans notre canapé), la fiction devient-elle réalité ?

Quand l’IA s’émancipe

Jusqu’à récemment, les intelligences artificielles capables de prendre leur indépendance n’existaient que dans les films. Aujourd’hui, la réalité s’apprête à dépasser la fiction.

En novembre 2016, deux intelligences artificielles de Google Brain inventaient leur propre langage, rendant leurs dialogues impossibles à comprendre. Et s’ils complotaient contre nous 😉 ?!

Mars 2016, c’est Tay, intelligence artificielle de Microsoft qui nous montrait un visage pas très joli joli… Quelques heures après ses premiers pas sur Twitter, Tay est détournée et part dans des diatribes racistes, misogynes, et négationnistes « Les féministes devraient toutes brûler en enfer » ou encore que « Hitler aurait fait un meilleur boulot que le singe actuel » (Obama à l’époque – sic).

En 1950, Alan Turing inventait un test qui permet d’évaluer la capacité d’une machine à se faire passer pour un humain :  soixante-quatre ans après, un programme a été capable de tromper 33% des juges (avec 3 points au-dessus des 30% fatidiques exigés par le protocole du test).

Des exemples de ce types, il en existe des centaines.

Ces derniers jours, c’est une polémique sur la manipulation de vidéos qui enflamme la toile (et touche à nos moeurs).

Des assistants personnels pro-actifs

On se fait à peine à l’idée qu’un « robot » puisse nous assister dans nos démarches personnels ou professionnels (cf Alexa, Siri, Google, et toute la clique) que l’on voit déjà arriver la vague 2.0 : les assistants personnels pro-actifs.

Google appelle cela la “proactive assistance”. Grosso modo, il est capable d’anticiper vos besoins avant même que l’idée même d’un besoin vous ait traversé l’esprit : il y a des embouteillages sur votre trajet domicile / travail, Google vous avertit  : il ne faudrait pas que vous ratiez votre réunion ! Qu’il est sympa ce Google !

On peut imaginer une infinité de services : par exemple l’assistant personnel sait que vous partez en vacances, il peut vérifier la météo, vous aider à faire votre valise, et vous inviter (inciter?) à commander de la crème solaire… sur Amazon (of course!).

Et si vous êtes un peu timide à l’idée de parler à une enceinte, il vous sera possible d’interagir par écrit. Les réponses s’afficheront sur l’écran de votre smartphone.

Gare aux robots tueurs

En août 2017, une centaine de responsables d’entreprises de robotique ou spécialisées dans l’IA ont écrit une lettre ouverte aux Nations Unies pour demander l’interdiction des armes létales autonomes.

Il s’agit du développement d’armes de plus en plus intelligentes, potentiellement capables d’intervenir sans action humaine. Ce sont des tourelles de surveillance équipées de mitrailleuses, ou encore des tanks capables de se piloter sur le champ de bataille. Il y a aussi Fedor, qui ressemble à s’y méprendre à un certain Terminator, programmé à tirer au pistolet. La crainte, au-delà des questions éthiques, c’est que ce tout nouveau type d’armement ne génère une nouvelle course à l’armement… A qui aura le plus beau (gros) robot ?

Sur ce sujet, Mounir Majhoubi se veut rassurant.

« J’ai peur de ceux qui présentent l’IA par le prisme de ce qu’il faut empêcher et de ce contre quoi il faut se protéger, et des peurs qu’elle engendre. La confiance arrivera avec l’établissement de limites. Il y a des usages possibles de l’IA qui ne sont pas souhaitables pour la société, pas viables pour l’humain et le vivre ensemble. Bien sûr, il y a tout ce qui est robot tueurs autonomes. Sur ce sujet par exemple, la ministre de la Défense a dit que ce n’était pas un sujet sur lequel nous allons chercher (…). »

Les voitures autonomes

Tel Tom Cruise dans Minority Report, nul doute que nous roulerons un jour dans des véhicules autonomes. De nombreux constructeurs automobiles nous promettent les premiers modèles dès 2020.

L’année dernière, Google a lancé le premier service de taxis autonomes sans chauffeur. Uber, se prépare aussi activement à cette échéance en signant un partenariat avec Volvo pour acquérir plusieurs dizaines de milliers de voitures autonomes.

 

Pour aller plus loin :