Internet des objets (IoT) : que retenir de ce « grand bazar » ?

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Internet des objets (IoT) : que retenir de ce « grand bazar » ?

Au-delà des gadgets et de l’effet de mode, les objets connectés à Internet touchent à des applications et domaines souvent méconnus. Du reste, beaucoup de professionnels feraient de l’IoT depuis longtemps sans le savoir…

Les statistiques sur l’expansion de l’Internet des objets ont de quoi donner le tournis… Selon les cabinets d’études, le nombre de « choses » connectées à Internet en 2020 se situerait entre 25 et 50 milliards. C’est-à-dire que chacun de nous détiendra alors, sur lui ou à portée de main, 5 à 6 appareils ou dispositifs IoT (Source Cisco).

Compte tenu du business que cela va susciter et du volume colossal de données fourni, « l’impact de l’IoT se fera sentir dans l’univers des Big Data et cela obligera les entreprises à améliorer leurs outils et les process actuels », souligne le cabinet Gartner.

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« Il faut l’admettre et replacer ces innovations dans un contexte, celui des constructeurs industriels qui, loin des montres bracelets d’Apple ou autres, fabriquées en Chine, investissent considérablement dans ces technologies », constate François Parmentier, managing partner du cabinet Bream & Laanaia. Il ajoute : « En fait, beaucoup de développeurs, concepteurs ou designers feraient de l’IoT, comme Monsieur Jourdain de la prose ».

Internet des objets, les applis 'wearables technologies'_Source Beecham Research 2013

L’IoT : ce grand bazar (source Beecham Research)

 

Un ancrage industriel indéniable

Qu’en est-il ? Beaucoup d’équipements industriels, en robotique notamment, sur les chaînes de montage ou en transport-logistique, sont déjà équipés d’émetteurs/récepteurs connectés à des réseaux locaux dédiés (WLAN, wireless local area networks) : on parle alors de MtoM (dispositifs de connexion Machine-to-machine) – qui ont préfiguré les objets connectés.

Alors, serait-ce seulement un effet de mode, un phénomène de gadgets, du “hype” qui retombera à plat une fois les fêtes de fin d’année passées ? Selon IDC et selon plusieurs distributeurs d’accessoires « wearables » – notamment les montres bracelets connectées du type AppleWatch, ce marché des objets connectés à Internet connaîtrait déjà un plateau sur sa courbe d’expansion: après 3 à 6 mois d’utilisation, les acheteurs ne verraient plus vraiment l’utilité de leur équipement et s’en détourneraient.

En parallèle, les acteurs qui sont censés exploiter et commercialiser les énormes volumes de data ainsi collectés commenceraient tout juste à en tirer parti.

IoT : Un écosystème très vaste mais cohérent

L’intérêt business est pourtant bien confirmé. Ainsi, le premier événement orienté vers les professionnels, “IoT Planet”, début novembre à Grenoble, a pu réunir 27 exposants dont 20 start-ups –soit plus que ce qu’avaient prévu les organisateurs. Des acteurs clés y ont participé tels que Air Liquide, le CEA, Cisco, Intel, Gemalto, HP, LoRa, Microsoft, Oberthur, Oracle, Orange, Schneider Electric, Siemens, Sigfox, Soitec, Somfy, STMicroelectronics, le TechLAB et l’Université Joseph Fourier… – donc des champions de la micro-électronique, des cartes à puce, des éditeurs de logiciels, des fournisseurs d’infrastructure réseau et des labos de recherche. A premier vue, là aussi un grand bazar mais, en réalité, un écosystème étonnamment complet et cohérent. Au reste, les organisateurs de l’évènement ont pu signer un “memorandum of Understanding” avec la très célèbre association de normalisation IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers).

Les démonstrations ont montré l’étendue des applications possibles: la sécurité des réseaux, la voiture connectée, la gestion de l’énergie, les applications “smart home”, etc.

Le secteur de la santé et du bien-être fait également partie des cibles privilégiées visées par les industriels de l’IoT et du MtoM. Le champ d’application des “wearables” grand public (objets individuels, tels que les montres bracelets) sera vite dépassé et s’orientera vers des solutions globales de télé-observance, par exemple, particulièrement critiques pour des maladies chroniques du type diabète.
En clair, personne n’est aujourd’hui capable de dire précisément ce qui sera inventé dans les 5 ans en matière d’objets connectés. Il faut admettre que ce « grand bazar », même s’il a déjà montré quelques désillusions, n’en ouvre pas moins des perspectives quasi insondables aujourd’hui.

Ils l’ont dit

Dan Aharon, manager au McKinsey Global Institute :

« La valeur potentielle de l’IoT en 2015 se situera entre 3,9 et 11,1 US trillions (milliers de milliards de dollars). C’est bien au-delà du ‘hype’ actuel » (nov. 2015)

Cabinet Gartner:

« L’impact de l’IoT se fera d’abord sentir dans l’univers des Big Data ».

François Parmentier, cabinet Bream & Laanaia:

« Il faut replacer ce grand bazar de l’IoT dans le contexte de grands industriels – de la micro-électronique aux infrastructures réseaux ».

En chiffres

  • 4,9 milliards d’appareils connectés (IoT) en 2015 et plus de 25 milliards prévus pour être utilisés d’ici 2020 – soit un marché dépassant les 300 milliards de dollars, selon Gartner.
    62 % des “early adopters” de l’IoT disent que son utilisation a augmenté leur réactivité: service client (51%) et augmentation de leur businesss (produits/services) (Source: Harvard Business Review, 12/2014)
  • Pour 86 % des managers impliqués dans un projet IoT, le plus important ce sont les données qui y sont associées (Enquête Parstream).
  • Le marché de l’IoT se subdivise en trois segments :
    • les ordinateurs portables, smartphones et tablets; en 2015, on compte environ 2 milliards de la catégorie A; et on en comptera plus de 4 milliards en 2020
    • les équipements de communication M2M (Machine to machine, comme les systèmes de relevé de compteurs); environ 4 miliards en 2015 et plus 10 de milliards en 2020
    • les objets connectés à travers des puces électroniques (processeurs/chips) ou des étiquettes ou (smart labels RFID), environ 40 milliards en 2015 et plus de 65 miliards en 2020. (Source: IDATE, Montpellier, 2015).
Internet des objets_Perspective 2020_Source IDATE

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