collaborateurs

Tendances & Actualités

L’incubateur, machine à réaliser les startups

Une bonne idée ne suffit pas, ou plus. Créer sa boite exige désormais de s’entourer d’une structure qui protège, accompagne et favorise le développement des concepts innovants. Au sortir de la couveuse, et avant les pépinières, les incubateurs sont là pour donner toutes leurs chances aux entrepreneurs, avant de plonger dans le grand bain.

Un incubateur : késako ?

Un incubateur d’entreprises est une structure d’accompagnement de projets d’entreprises. Et cette enveloppe protectrice propose divers appuis pour permettre la croissance de la jeune pousse.

Cela passe par de l’hébergement, des ressources logistiques (accès Internet, téléphonie, reprographie…), du conseil, voire le financement d’études de marché ou le dépôt d’un brevet.

À titre d’exemple, Paris&Co propose différents types d’hébergement (open-space / bureaux privatifs), une surface évolutive, un accès sécurisé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et divers services (salles de réunion équipées, photocopieurs, fax…).

La souplesse pour mieux se développer

Paris Région Innovation Nord Express , membre de Paris&Co, propose 2 700 mètres carrés situés dans le 18ème arrondissement, à quelques encablures de la porte de la Chapelle. Il héberge Airinov, spécialiste du drône agricole. « L’avantage de cette structure, c’est la souplesse. Nous avons eu besoin de plus de locaux, nous les avons obtenus sans souci » confie Florent Mainfroy, le co-fondateur. « Et puis nous pouvons communiquer avec les autres hôtes de l’incubateur, échanger sur les différentes stratégies de développement ».

Côté accompagnement, la structure propose en effet un accompagnement individuel avec l’assistance d’un chef de projet dédié ou un accompagnement collectif, avec séances de coaching stratégique partagées avec les autres dirigeants.

Mais tout ceci a un coût. En amorçage, Paris&Co facture l’ensemble des prestations 1 500 euros par mois.

Se faire aider d’un point de vue logistique comme financier

Néanmoins, « le fonds Paris Innovation Amorçage émis par la Mairie de Paris et BpiFrance permet de financer les sociétés incubées jusqu’à 30 000 € sous forme de subvention en amorçage et jusqu’à 100 000 € sous forme d’avance remboursable en décollage » précise le site de Paris&Co.

De quoi favoriser l’éclosion de projets, qui doivent pendant le temps de passage dans l’incubateur passer de POC (Proof Of Concept) validé à une entité prête à vivre et se battre sur un marché. Pour ce faire, acquérir son premier client sera la grande victoire et l’objectif de tout entrepreneur qui choisit la voie des incubateurs.

Reste que depuis leur naissance en 1996, on trouve différentes sortes d’incubateurs.

Publics ou privés, à but lucratif ou non, voire sectorisés, le candidat doit avoir en tête des modes de fonctionnement parfois radicalement différents en dépit d’une appellation commune.

La grande majorité des incubateurs sont à but non lucratif, et sont financés par des organismes publics ou para-publics.

Une partie d’entre eux sont opérés et financés par des agences de développement économique, des pôles de compétitivité ou des entités culturelles. Paris&Co est un bon exemple de ces incubateurs qui mixent financements et moyens publics comme privés.

L’entreprise Critéo est le parfait exemple de réussite de ce modèle. La startup était passée par l’incubateur Agoranov.

Incuber dans les grandes écoles, la bonne idée de fin d’études

D’autres incubateurs, une trentaine mais le chiffre est en croissance, accueillent des entreprises innovantes liées à la recherche publique. Ils ont été créés par des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (universités, écoles, organismes de recherche), dans le cadre d’un appel à projets lancé par le Ministère chargé de la Recherche en mars 1999.

Leur mission est de permettre la valorisation des résultats des laboratoires des établissements publics de recherche et d’enseignement supérieur en favorisant l’émergence et la concrétisation de projets de création d’entreprises innovantes.

Le mouvement a pris en 2000, avec l’inauguration par l’ESSEC d’un incubateur d’entreprises dans ses murs, et nommé ESSEC Ventures. À ce jour, d’autres écoles telles que HEC Paris, ESCP Europe, ou encore SKEMA Business School ont décidé de greffer un incubateur à leur structure.

Les grands avantages des incubateurs d’école, c’est que les professeurs de la structure peuvent d’une part continuer à suivre les travaux des élèves au cœur même de l’incubateur, et d’autre part les “incubés” ont accès à l’annuaire des anciens élèves, pour développer leur réseau.

Récemment, l’incubateur de l’Edhec Nice annonçait les noms de 5 heureux élus qui rejoignaient les 10 structures déjà présentes. À la lecture du descriptif d’activité de ces nouvelles structures, on comprend vite que l’éclectisme est au rendez-vous, entre événementiel, location de bateaux, aquaculture, création de contenus ou encore commercialisation de produits immobiliers.

L’incubateur privé, un modèle encore fructueux

Enfin, on trouve la famille des incubateurs financés directement et intégralement par des structures privées. Ils fonctionnent en général via une prise de participation au capital naissant des “incubés”, espérant réaliser une plus-value une fois la petite société devenue grande. Idealab, créé en 1996 par Bill Gross en Californie, doit être le premier du genre.

Mais ce modèle a pris l’eau, en France tout du moins. Republic Alley, ou Startup Avenue ont pris de plein fouet l’éclatement de la bulle Internet, et se sont réorientés vers le conseil ou le capital risque.

Une nouvelle génération d’incubateurs a néanmoins vu le jour, prenant le parti de la co-construction de projet avec l’entrepreneur. Si un des exemples français est ExploLab Factory, la référence en la matière est le californien Y-Combinator, créé par Paul Graham en 2005 (Reddit, Disqus ou encore Dropbox y sont passés).

À noter que les incubateurs les plus fructueux ne sont pas tous situés en Californie. Tumblr, Foursquare ou encore BuzzFeed sont nés à New York, au sein de la Silicon Alley, où plusieurs acteurs français tentent de se lancer.

À la différence des incubateurs de première génération, ce type d’incubateurs ne base pas son équilibre financier uniquement sur le succès de ses protégés. Il se rémunère sur l’accompagnement des projets. C’est la raison pour laquelle les grands groupes sont friands de ce type d’initiative, ce qui leur permet par ailleurs d’externaliser une partie de leur R&D, à peu de frais.

GDF Suez annonçait par exemple la semaine dernière le lancement de son incubateur , en partenariat avec Paris&Co.

Orienté sur l’énergie, les cinq structures sélectionnées travaillent dans les domaines de la modélisation (Datapole), l’analyse prédictive (Energiency), la robotique (Partnering 3.0), le co-voiturage (Sharette) ou encore les compteurs de nouvelle génération (Smart Impulse). Ces startups seront financées via le fonds GDF Suez New Ventures, doté d’un montant de 143 millions d’euros.

« À travers ce programme d’incubation, nous construisons avec des start-ups dynamiques et agiles de nouvelles offres autour de la maîtrise de l’énergie dans les villes, pour le bénéfice de nos clients » expliquait au moment du lancement Jean-Louis Blanc, Directeur commercial, Innovation et Nouveaux Métiers et membre du Comité exécutif de GDF Suez.

L’incubateur, pour tendre vers la marketisation de l’innovation

De nouvelles offres, c’est exactement ce vers quoi doivent tendre les dirigeants de startups qui intègrent les incubateurs.

Si les couveuses sont dédiées spécifiquement aux porteurs de projets qui veulent amorcer leur entreprise sans la créer d’un point de vue juridique, les incubateurs constituent l’étape d’après.

Les dirigeants pourront ainsi partir à la pêche aux premiers clients, signer un ou deux contrats, avant de s’intégrer à une pépinière d’entreprise, dont les locaux et les services doivent permettre de passer à la dimension supérieure : remporter des marchés et accélérer la croissance via la R&D.

Mais les barrières ne sont pas si étanches qu’on pourrait le croire entre les structures. À titre d’exemple, Paris&Co propose une « incubation d’amorçage », destinée aux entreprises innovantes en phase de validation de leur modèle économique et de leur positionnement marché et une « incubation décollage », qui correspond à l’activité de pépinière.

Vers des incubateurs géants

Et certains voient toujours plus grand. Xavier Niel, le patron de Free, annonçait en octobre dernier sa volonté de créer un incubateur pour… 1000 startups sur le site de la halle Freyssinet à Paris. La 9ème fortune de France veut cet incubateur géant de 25 000 mètres carrés pour 2016.

De quoi contenter le politique. « C’est un monument historique, classé, qui va devenir un monument d’avenir », a dit François Hollande lors de l’inauguration, précisant que « Paris est déjà la première ville d’Europe » en matière d’incubateurs.

Ils l’ont dit

Brian Chesky, Founder, Airbnb (YC W09) :

« At Y-Combinator, we were challenged to do things that don’t scale — to start with the perfect experience for one person, then work backwards and scale it to 100 people who love us. This was the best piece of advice we’ve ever received. »

Satya Nadella, CEO, Microsoft :

« It’s fantastic to see the work Y-Combinator is doing to foster innovation and entrepreneurship in the start-up community. »

En chiffres

  • La communauté des acteurs parisiens de l’innovation : 3 000 startups, 36 incubateurs.

  • Only 2% of companies emerging from the top 20 accelerators have a successful exit yet.

Pour aller plus loin

  • No Related Posts Yet!