Objets connectés en entreprise

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Objets personnels connectés en entreprise : quels impacts ?

Les objets connectés dans l’entreprise sont promis à un bel avenir. Ils ouvrent la voie à de nouveaux services, en permettant de gagner en efficacité – y compris en travail d’équipe, de protéger certaines catégories de personnel et de sécuriser des équipements particulièrement coûteux ou précieux.

Une étude d’OpinionWay, menée en France en février 2016, montre que les objets connectés suscitent un réel intérêt chez les français: 44% d’entre eux déclarent connaître cet univers. Trois secteurs prioritaires sont donnés comme cible : la santé, la sécurité
et l’énergie & la domotique. En 4ème position, est citée la sécurité routière, en lien avec le potentiel de la voiture connectée. Selon 49% des sondés, les objets connectés vont se développer sans créer un bouleversement, à partir de nouvelles applications et offres de services. L’enquête se termine par cette question : pourquoi ne pas appliquer les objets connectés domestiques ou de loisir au monde du travail ? Un exemple est avancé : il existe un prototype de chaise connectée permettant d’obtenir une position de travail la plus ergonomique possible. Près des deux tiers des répondants se déclarent favorables à de telles possibilités. Il reste la question des objets connectés individuels ou wearables dans l’entreprise. Quelle est leur réelle utilité? Nul doute que le marché des machines connectées ( M-to-M ou M2M , machine to machine ) ou des objets industriels connectés ( Industrial Internet of things ) va continuer de croître, avec le développement d’applications d’automatisation et de télé-relevé, de surveillance et de sécurisation à distance. Mais qu’en est-il du marché des objets personnels connectés dans l’entreprise?

Oublions les capteurs d’UV…

Laissons de côté les bracelets d’activité sportive (golf, tennis, piscine, vélo…) ou le capteur d’UV qui vous alerte des risques de coups de soleil. Une étude du Gartner group montre que l’impact de certains objets connectés liés au ludique, au confort et au design de l’objet devient perceptible en milieu professionnel. On assiste au même phénomène que pour les tablettes et les smartphones – celui du BYOD, ( Bring you own device) – autorisant chacun à utiliser son outil préféré au bureau. Et les mêmes questions se posent : s’agit-il ou non de gadgets ? Comment faut-il les administrer, sachant qu’ils se renouvellent tous les 12 à 36 mois ? 

Lunettes et montres connectées

Les lunettes ou montres connectées sont citées en exemple. Certains métiers en ont déjà trouvé des utilisations pertinentes. Le marché des lunettes connectées se cherche toujours. La SNCF a testé une application à destination des contrôleurs pour permettre la validation de titres de transport via une connexion automatique. On reste au stade de l’expérimentation. La tendance serait plutôt du côté des applications de maintenance. Les lunettes peuvent, par exemple, flasher un ‘QR Code’ en début et en fin de prestation. L’information peut permettre de traiter en temps réel la facturation du client et le relevé du temps passé. La montre connectée n’a pas dit son dernier mot au sein de l’entreprise. Dans certains métiers – comme celui des commerciaux – il devient intéressant de pouvoir afficher directement, sur la montre, des données compilées sous la forme de graphiques. C’est le cas de l’application Slack disponible sur Apple Watch. Très orientée « travail collaboratif », elle propose de réunir les membres d’un même groupe de travail via leur montre connectée et non plus seulement leur smartphone. Les notifications sont envoyées par les membres du groupe comme des SMS ou des messages sur Twitter. Cela permet de prévenir, rapidement et discrètement, un manager ou un collègue sur les conditions d’une transaction en cours. À tout moment, il est possible de passer en mode conversationnel (‘chat privé’). Au passage, notons que l’outil collaboratif Evernote (avec suivi d’informations au sein d’une équipe) est disponible sur des montres connectées (Apple iOS et Android). Parmi les fonctionnalités proposées, on retient qu’il est possible, avec cette version de « montre connectée », de créer un mémo à partir de la reconnaissance vocale, puis de l’envoyer, ou de rechercher une info ou un document tout en l’affichant, en parallèle, sur son smartphone ou son PC portable.

Suivre, protéger les objets précieux

Quantité d’autres objets connectés liés à des applications professionnelles vont se déployer. La protection de certains instruments de travail particulièrement coûteux ou précieux est en première ligne.
Le Wistiki, né d’une start-up française, et dont le design a été conçu par Philippe Starck, en est un bon exemple. De la taille d’une clé USB et doté d’une autonomie de 3 ans, il émet une alerte dès que la distance avec son smartphone de référence dépasse les 100 mètres.
Des applications similaires sont à l’étude, sinon installées, sur certains sites industriels ou dans des centres hospitaliers pour suivre des équipements onéreux que l’on peut qualifier de «personnels » mais appartenant à l’organisation. Ils sont susceptibles d’être volés ou égarés.
Cela peut s’appliquer à des flottes de PC portables, à des véhicules, etc. Cela implique de mettre en place des applications de suivi et de management, avec des envois d’alertes, des mises à jour, des procédures de sécurité, etc.

La géolocalisation de ces objets précieux peut être multiple : par GPS ou carte SIM (en extérieur seulement), par triangulation dans un réseau de bornes wifi (avec des pastilles RFID), par réseau radio dédié à l’IoT (technologie LoRa ou service Sigfox) ou encore par des capteurs d’ultrasons spécialisés.

Sécurité des travailleurs isolés

Un autre champ d’applications s’ouvre, celui de la protection et du confort des travailleurs isolés – ceux qui interviennent dans des zones peu fréquentées, en forêt, en haute montagne, etc. Là où la couverture des réseaux mobiles fait souvent défaut, il devient possible d’automatiser l’envoi d’alertes à partir de seuils paramétrables (position d’immobilité ou de silence total, température, taux d’humidité…). Le système transmet à des intervalles définis une géolocalisation précise. En parallèle de la personne, les véhicules de service utilisés peuvent également être équipés de technologies identiques.

Sécurité et confidentialité

Tous ces dispositifs sont théoriquement susceptibles d’être piratés. Rien de réellement nouveau. Cela ne doit pas empêcher de s’en servir. Dans leur quasi-totalité, ces solutions encryptent (ou « chiffrent ») les données. Ces dernières, étant en parti personnelles, donc en partie confidentielles, doivent être protégées et stockées sur une période restreinte. L’activation des connexions est protégée par des mots de passe. Une charte des
bonnes pratiques est recommandée.

Ils l’ont dit

Dominique Mangiatordi, fondateur de la start-up Royal App Force :
L’IoT personnel, professionnel, est un merveilleux outil de notification et un réel plaisir d’utilisation. La montre connectée va décoller d’ici quelques années.

R. Ray Wang, analyste de Constellation Research Inc. :
La convergence de la science des matériaux et de l’informatique
offre de nouveaux modèles commerciaux innovants et
l’opportunité de lancer des initiatives de transformation numérique
en entreprise.

En chiffres

  • 20% des entreprises ont pris la décision d’investir dans les objets connectés, que ce soit pour offrir de nouveaux services ou pour optimiser leurs prises de décisions (Source : cabinet d’audit PwC, 07/ 2015) 
  • Les ventes d’objets connectés grand-public ne représenteront que 546 millions sur le 1,41 milliard de dollars représentés par l’IoT en 2016. Le secteur professionnel (B2B) reste dominant en valeur (Source : cabinet Gartner).
  • Le marché des objets connectés professionnels présente 2 catégories : les objets connectés génériques (ampoules connectées, systèmes de chauffage…) et les objets connectés spécifiques (dispositifs médicaux spéciaux, capteurs de
    géo-positionnement, etc.). (Source : cabinet Gartner).
  • 62% des entreprises ayant adopté des technologies portables testent ou prévoient d’utiliser des smart watches au cours des 2 prochaines années (Etude de Salesforce).

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