Revue du web

Les PME doivent-elles nommer un Chief Digital Officer ?

Le poste de Chief Digital Officer (CDO) s’est largement imposé dans le paysage. Si les grands groupes du CAC 40 ont presque tous un responsable de la transformation digitale, qu’en est-il des entreprises plus modestes ? Doivent-elles aussi suivre le mouvement ?

La question fait débat et les petits patrons hésitent. Certains, comme Pierre Cannet, general manager de Blue Search Conseil, plaident pour l’embauche d’un CDO pour les grosses PME et les ETI pour faire face à la menace, présente partout, de l’ubérisation. Conscientes de ces risques, 62 % des grandes entreprises françaises comptent aujourd’hui un CDO, d’après une étude du cabinet Strategy&. Toutefois, pour Cannet, le profil d’un responsable du digital d’une entreprise de taille moyenne ne peut être similiaire à celui des géants du CAC 40 : « Les ETI ne veulent pas d’un CDO évangéliste, d’une sorte de porte-parole de la stratégie digitale coupé du business. Certains CDO de grands comptes passent la moitié de leur temps à faire de la politique. » Plus proche du terrain que ses homologues des grandes entreprises, le responsable de la transformation numérique d’une PME peut aussi avoir l’e-commerce et le marketing dans ses attributions.

Le patron de PME doit-il devenir CDO ?

De son côté, le patron de PME Romain Dutour estime dans une tribune dans Les Echos que recruter un CDO, c’est-à-dire un nouveau manager, est trop onéreux pour une petite structure. Pas question non plus « de déshabiller Pierre pour habiller Paul » avec une promotion interne qui mettrait un autre service dans la difficulté. Romain Dutour appelle donc les petits patrons à se retrousser les manches. Selon lui, le CDO doit être… le patron de la PME. C’est à lui d’insuffler cette révolution dans l’entreprise, mettre en place un plan de transformation et commencer à repenser chaque sujet sous un filtre “numérique”. Pour cela, le patron doit s’aérer l’esprit et nécessairement se former : « De nombreuses options s’offrent à lui, par exemple faire partie d’un club de business angels, devenir mentor de jeunes diplômés, s’investir au sein de son ancienne école ou université… », écrit Dutour.

Les patrons de PME divisés face à la transition numérique

Si le scénario est séduisant, dans les faits, les petits patrons restent encore indécis face au numérique. D’après une étude Ifop-Fiducial, ils sont 59 % à penser que la transformation numérique représente autant d’opportunités que de menaces pour leur entreprise. Seuls 25 % voient le digital comme une opportunité. Les patrons de PME sont néanmoins conscients des enjeux : 59 % estime que le numérique impactera directement leur activité dans les cinq années à venir. La question est de savoir si les 41 % qui ne le pensent pas se voilent la face ou non.

Ils l’ont dit

Brian Solis, The 2017 State of Digital Transformation

« De plus en plus rapidement, tous les types d’entreprises deviennent des entreprises technologiques »


Klaus Schwab, créateur du Forum économique mondial

« Dans le nouveau monde, ce n’est pas le gros poisson qui mange le petit, c’est le plus rapide qui mange le plus lent »


Pour aller plus loin