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Tendances & Actualités

Quel avenir pour le Bitcoin et la Blockchain ?

Faut-il encore faire confiance au bitcoin, la monnaie vitrine de l’ère digitale ? L’avenir du réseau Bitcoin paraît de plus en plus compromis… alors que la technologie blockchain, elle, est déjà en voie de récupération par les banques et les géants de l’informatique…

Le réseau des taxis Uber à Budapest (Hongrie) vient d’annoncer qu’il valide le paiement en bitcoins, emboîtant ainsi le pas à un grand nombre de places de marché telles qu’Expedia, NewEgg, Overstock, TigerDirect – et même Microsoft. Pourtant, ces dernières semaines, le Bitcoin a pris du plomb dans l’aile. Son envol mirifique depuis sept ans pourrait bien mal finir…

Bitcoin, produit d’un idéal communautaire

Le concept a été initié en 1998 par un certain Wei Dai. Mais c’est seulement en 2009 qu’il est décrit et mis en œuvre par un mystérieux Satoshi Nakamoto, qui serait un nom d’emprunt derrière lequel se cacheraient deux développeurs de la communauté Open source. Aujourd’hui encore, il est quasi impossible de savoir qui pilote et contrôle ce réseau de monnaie virtuelle. De nature communautaire, il se déclare sans autorité de régulation, sans réelle instance dirigeante.

S’appuyant sur des transactions authentifiées par des connexions peer-to-peer au sein d’un vaste réseau d’ordinateurs, le bitcoin est basé sur un système de confiance mutuelle. Les calculateurs, qui sont « prêtés » dans le dispositif, ont pour mission de valider les transactions par des « crypto-calculs » ou algorithmes très élaborés, reposant sur des logiciels fournis exclusivement par la communauté. Chaque transaction fait l’objet d’un « bloc de données » (jusqu’à 1 Mo). Tout y est répertorié et horodaté de façon transparente : montant, adresse d’expédition, adresse de destination, etc.

Ces ordinateurs sont mis à disposition par des « mineurs », en référence aux travailleurs des mines d’or. Ces mineurs deviennent des spécialistes en production et en validation de blocs dans des chaînes de blocs réputées inviolables. Ils sont rémunérés par la communauté pour chaque bitcoin produit. Cette procédure de calcul et de validation explique qu’il faut attendre une dizaine de minutes, voire toute une journée en cas de congestion du réseau, pour qu’une transaction soit validée. Et la bonne pratique veut qu’au bout de 6 validations dans la chaîne, un bloc (c’est-à-dire une transaction) soit considérée comme irréfutable et valide.

Guerre civile dans la communauté Bitcoin

Sur le papier, le concept semble réunir les conditions d’un bon fonctionnement interdisant toute falsification ou détournement frauduleux. Pourtant, depuis quelques mois, le système affiche ses limites – que ses fondateurs avaient mentionnées ! Le nombre de bitcoins « émissibles » est fermé. Mais plus perturbant encore, la taille des blocs reste limitée. Or, un groupe de développeurs co-fondateurs, derrière un développeur Open source convaincu – Mike Hearn – s’est vu refuser catégoriquement une proposition d’amendement (passer la taille des blocs à 8 Mo). Motif : la communauté n’a pas voté oui à 75 %. Un animateur de Bitcoin.org, est allé jusqu’à écrire :

« La grande chose avec Bitcoin, c’est que n’est pas un système démocratique »

Ce qui ne manque pas d’ambiguïté…

Mi-janvier, Mike Hearn a jeté un pavé dans la mare en publiant un billet particulièrement pessimiste. Le réseau serait, écrit-il, piloté par une poignée d’une dizaine de personnes :

« La chaîne de blocs est contrôlée par des mineurs chinois, dont deux contrôlent plus de 50 % du hash power [capacité de traitement ou « hâchage » des blocs]. Lors d’une récente conférence, 95 % des ressources de hashing étaient contrôlées par une poignée de types assis sur une seule estrade »

Selon lui, tout est fait pour que le système se maintienne en l’état tant qu’il le pourra, sans augmentation du nombre de « mineurs », sans changement qui pourrait susciter la panique dans tout l’écosystème… Or, « techniquement, le réseau risque l’effondrement ».

En moins d’un an, la communauté aurait perdu tous ses repères d’ouverture et de transparence. Les « bitcoiners » sont ouvertement entrés en conflit les uns contre les autres, suscitant une « guerre civile ».

Le Bitcoin soumis à des spéculations hasardeuses

En parallèle, les fluctuations de l’activité Bitcoin seraient devenues inquiétantes ces six derniers mois.

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Les inquiétantes fluctuations de Bitcoin et de ses blockchains (Source : Mike Hearn – Medium.com)

Du reste, la valeur du bitcoin elle-même, est hautement spéculative : sur le papier, elle peut fluctuer entre 1 centime et 1 million de dollars ! Sa valeur, actuellement estimée à 250 dollars, est passée par des pics à plus de 1 000 dollars, alors qu’elle a démarré avec la parité (1 dollar).

Autre sujet d’inquiétude : le coût des transactions était censé être quasi nul (la seule rémunération étant celle des « mineurs »). Or ce coût marginal fluctue lui aussi, pouvant grimper au double de celui d’une carte bancaire.

Toutes ces informations tendent à raviver les rumeurs : suite à des attaques de hacking et de saturation volontaire des serveurs, on parle de pratiques mafieuses, de blanchiment d’argent, mais aussi d’évasion fiscale.

Blockchain : des acteurs majeurs prennent le relais

Cela n’empêche pas les acteurs traditionnels d’investir dans cette technologie de chaine de blocs. La fondation Linux vient de lancer le projet Open Ledger (Registre ouvert) réunissant IBM, Intel, la Bourse de Londres et des banques, dont JP Morgan, Wells Fargo, and State Street.

De même, des banques y investissent en direct. La Royal Bank of Scotland vient d’annoncer un projet pilote pour mi-2016. Elle est l’un des neuf membres fondateurs du consortium R3, créé en septembre 2015 pour établir des frameworks et des architectures standardisés utilisant la technologie. A ce  jour, plus d’une vingtaine de banques mondiales ont rejoint cette initiative, dont BNP Paribas et la Société générale.

Une chaîne de blocs constitue une base de données authentifiée, sécurisée et partagée entre tous les nœuds participant à un même système en réseau. De ce fait, diverses applications peuvent voir le jour. Le cabinet d’études Gartner retient par exemple la possibilité d’insérer dans un bloc, des restrictions ou verrouillages d’utilisation : la somme (virement ou… argent de poche) pourrait être limitée à telle ou telle dépense, telle facture, etc.

Bref, le Bitcoin restera-t-il au stade d’expérimentation, comme ses fondateurs l’avaient prédit ou basculera-t-elle dans les mains des acteurs traditionnels ?

Ils l’ont dit

« Bitcoin a échoué parce que la communauté a échoué »

Mike Hearn, co-développeur et ex-‘évangéliste’ Bitcoin

« Entre temps, la technologie sous-jacente de Bitcoin, dite chaîne de blocs, réduira grandement la friction dans les transactions financières et autres »

Alec Ross, Université John Hopkins

En chiffres

  • La valeur du bitcoin, 250 dollars actuellement, a déjà fluctué de 1 à 1.000.
  • 7 ans après sa création, l’expertise Bitcoin serait partagée par une communauté de 200 personnes, tout au plus, dans le monde.
  • Aux États-Unis, les campagnes électorales peuvent être financées en bitcoins dans une limite de 100 dollars par cycle électoral.

Pour aller plus loin

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