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Réalité virtuelle : le grand public est-il prêt ?

Dans le domaine de la high-tech, ce n’est pas tant la technologie que sa capacité à être appropriée par le grand public qui fait la différence. La réalité virtuelle arrivera-t-elle à s’imposer ?

L’exemple de l’iPhone est célèbre. Quand Steve Jobs lance son fameux smartphone en 2007, il est loin d’être le premier sur ce marché du téléphone intelligent qui existe depuis une dizaine d’années. La différence est qu’en proposant un écran tactile, Apple a trouvé la formule idéale qui lancera le marché grand public du smartphone.

Réalité virtuelle : une vieille promesse

La réalité virtuelle (VR) est une immense promesse depuis le premier prototype du casque Oculus Rift en 2013. Le buzz est énorme et les articles fleurissent dans la presse, annonçant que la VR est la prochaine grande révolution de la high-tech, qui modifiera en profondeur les marchés des jeux vidéo, des réseaux sociaux ou des marchés professionnels comme la santé ou le tourisme. Cette impression s’est confirmée quand Facebook a mis sur la table 2 milliards de dollars pour racheter Oculus en 2014. Le chemin semblait tout tracé pour une adoption par le grand public deux ou trois ans plus tard.

L’échec de l’Oculus Rift

Nous y sommes. Trois ans plus tard, la VR s’est imposée dans les esprits mais n’a toujours pas sa killer app, l’équivalent de l’iPhone pour les smartphones, son produit-star qui va réellement lancer le marché. Pour l’instant, l’Oculus Rift de Facebook est un échec. Le casque a été lancé en mars 2016 et n’aurait pas convaincu plus de 250 000 personnes. Facebook réduit déjà la voilure et a fermé 200 des 500 points de démonstration du Rift chez Best Buy, un grand magasin américain. Principal problème de l’Oculus Rift : son prix. Vendu 650 euros, il reste un produit de luxe, d’autant qu’il nécessite de posséder à côté un ordinateur très puissant pour le faire tourner.

Réalité virtuelle : un vrai effet de curiosité

Si l’Oculus Rift a raté son premier Noël, la réalité virtuelle n’a pas été absente des sapins de Noël en 2016. Loin de là. Il y a même 3 casques virtuels dans le top 10 des produits high-tech les plus vendus sur Amazon à Noël. Mais ce sont des produits de VR “légers” vendus entre 20 et 80 euros, comme le casque Homido ou le Samsung Gear, qui ne permettent qu’une expérience moyenne, loin des promesses de l’Oculus et des autres casques haut de gamme.

La curiosité existe donc bien, le grand public est prêt. Mais le prix reste une énorme barrière à l’entrée. Le meilleur casque actuel, le HTC Vive, coûte 800 euros et rencontre les mêmes difficultés que l’Oculus Rift pour atteindre le grand public. Pour contrer ce problème, Sony a lancé en octobre 2016 son casque Playstation VR à 400 euros, ce qui fixe un nouveau standard de prix pour le grand public. Un succès : Sony en a vendu 750 000 en 2016 mais ces chiffres sont encore très loin des chiffres de vente des meilleures consoles de jeux ou smartphones qui se comptent en dizaines voire centaines de millions.
Il reste à espérer pour les constructeurs que les casques bas de gamme qui ont cartonné à Noël sauront convaincre le grand public que la réalité virtuelle est bien la révolution annoncée. Et que la technologie peut aller au-delà du simple effet “waouh”.

Ils l’ont dit 

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, en février 2017, au sujet des ventes de l’Oculus Rift.

Nous sommes un peu en retard par rapport à notre feuille de route.

Shauna Heller, créateur du cabinet Clay Park VR

Tout l’enthousiasme des constructeurs de VR et des développeurs ne s’est pas retrouvé sur le marché des consommateurs.

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