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Robots humanoïdes : quels rôles dans l’entreprise?

La fascinante course à l’anthropo-mimétisme engendre nombre d’applications et fonctions possibles pour les robots humanoïdes au sein des entreprises.

Il est loin de temps des robots destinés aux tâches répétitives des grandes industries ou encore des premiers robots humanoïdes pour la recherche.

Depuis presque trois ans, une nouvelle « espèce » de robots a fait irruption, imitant de façon troublante le comportement ou la gestuelle des humains. Le robot Sophia, née chez Hanson Robotics, est doté de 62 expressions faciales et peut même tenir une conversation. Deux micro-caméras lui font des yeux capables de rester focalisés sur le regard de son interlocuteur.

Si la science-fiction peut nous laisser entrevoir ce que pourraient faire ces robots, certains industriels les rebaptisent déjà « cobots » (« robots collaboratifs »), et beaucoup d’entreprises commencent à imaginer son utilisation dans des applications des plus sérieuses – même si la dimension ludique ou médiatique peut prédominer. Petit tour d’horizon des diverses utilisations..

Des robots au service des clients

Là où beaucoup d’entreprises ont réduit, par économie, le personnel à l’entrée des immeubles, on voit apparaître ces robots très expressifs, capables de venir au-devant des visiteurs pour les renseigner et les aiguiller.

Le petit robot Pepper, conçu par le français Aldebaran (et cédé au géant nippon Softbank) fait fureur dans cette mission à Tokyo. Du haut de son 1,20 m et de ses 28 kg, il détecte la présence humaine, en cherchant les regards, roule ses yeux lumineux en invitant les visiteurs à poser des questions et s’efforce d’y répondre en affichant diverses données sur la tablette qu’il porte sur sa poitrine.

Au Japon, la chaîne Pizza Hut a commencé à utiliser Pepper pour proposer ses menus, en communiquant les nouveautés et les promotions du jour. MasterCard s’est associé à l’expérimentation en dotant Pepper de son service de paiement digital, en mode « conversationnel ». Elle sera étendue à toute la région Asie Pacifique en 2016.

Le Relay de Savioke pourrait bientôt exister en version humanoïde. Dans son design actuel, ce n’est encore qu’un petit robot programmable chargé de livrer des colis, paquets ou courriers jusqu’à la porte des chambres. Se dirigeant seul, il sait emprunter les ascenseurs. Le destinataire récupère le produit par un code confidentiel permettant l’ouverture de son « ventre ».

Des aides au quotidien

Moins ludiques, des inventeurs-designers de robots humanoïdes comme la start-up parisienne Blue Frog, mettent à disposition des développeurs leur créature. Buddy est haut comme trois pommes (50 cm) mais déjà capable d’enchainer des gestes avec une précision millimétrique. Son lancement est prévu pour début 2017 au prix de 699 dollars. Il vise en particulier l’aide aux personnes âgées ou à mobilité réduite : il serait capable, par exemple, de servir des médicaments en respectant la posologie ; ou de vérifier régulièrement que la personne présente à ses côtés réagit normalement.

Une société de services en a fait l’acquisition afin de développer des services à la personne, mais également pour la protection de travailleurs isolés, exposés à des risques métier, etc.

Manutentionnaire à toutes épreuves

Beaucoup plus impressionnant avec son mètre 75 et ses 82 kg, Atlas, le prototype de Boston Dynamics (filiale de Google Alphabet) est dérivé de la robotique militaire.
Pour l’heure, une vidéo de 3 minutes en montre ses capacités impressionnantes : l’humanoïde, autonome, est bousculé jusqu’à être déséquilibré mais il se recule et reste debout, même sur un terrain enneigé. S’il est renversé, il se relève. Il peut déplacer des cartons de 5 kg environ pour les ranger sur des étagères.

Rien de spectaculaire a priori. Mais ce prototype, ouvert aux développeurs, vise à devenir un véritable « assistant expert ». Connecté en permanence pour interroger des bases de connaissances à distance, il peut aider au diagnostic d’une panne sur une chaine de montage ou à la réparation d’un engin. En associant des images HD (en relief) à ses capacités de diagnostic, il recueille toutes les données utiles  et les confronte à des bases extérieures. Ce robot pourrait vite se rendre irremplaçable, à mesure que son expertise va croître grâce à des algorithmes de machine learning et d’intelligence artificielle.

Et si les robots nous formaient ?

Les robots à forme humaine trouvent également leur place dans le secteur de la formation. Traducteur, répétiteur, le prof robot aura une patience infinie, pourra enseigner 20 ou 50 langues couramment ou vous démontrer tous les théorèmes mathématiques, tout en vous accompagnant dans la progression des connaissances. Au Japon, toujours, dans la préfecture de Fukushima, le petit robot Pepper fait son apprentissage à la Shoshi High School de Waseda. Il apprend aux côtés des étudiants afin de restituer les connaissances aux promotions suivantes…

Un potentiel considérable et des questions

Inutile d’enjoliver les possibles évolutions. Beaucoup de développements existent déjà de façon fragmentaire. La décennie à venir ne manquera pas d’en faire la synthèse pour des applications encore non imaginées à jour.  

Et de multiples questions continueront de se poser – dont celle de la destruction ou création d’emplois. Clairement, nombre de ces robots vont se substituer à des tâches manuelles et même « intellectuelles » au sens du traitement d’informations. Ce qui n’est pas nouveau. Beaucoup de robots se sont imposés pour des raisons de productivité,  mais aussi de sécurité, de dangerosité (manipulation de substances toxiques) et de pénibilité de certains travaux.

L’optimisme commande de croire à la création de nouveaux jobs dans la conception et le déploiement de ces robots plus délicats et plus discrets, et de s’investir dans l’invention de nouveaux services liés à l’ère du digital.

Ils l’ont dit

Christine Chevallereau, directrice de recherche robotique, CNRS :

Atlas 2 est très impressionnant. Il y a un vrai progrès sur la robustesse : il réussit à effectuer des tâches relativement complexes en se débrouillant (…). Cela montre qu’il y a des avancées importantes dans la robotique humanoïde.

Forum économique mondial de Davos (perspectives 2018-2020) :

Les robots industriels, de plus en plus sophistiqués, conjugueront dextérité et « intelligence » pour accomplir des tâches complexes jusque-là réservées aux hommes.

Gerald Vogt, dga de Stäubli Robotics (France) :

Dégagés des tâches dangereuses et pénibles, les hommes et les femmes peuvent alors se consacrer à des activités à valeur ajoutée.

Rob Atkinson, fondation Information Technology & Innovation :

Ce sont les pays les plus automatisés (Chine, Japon, Corée du Sud, Etats-Unis, Allemagne) qui ont le plus faible taux de chômage.

Quelques chiffres 

  • Le prix des robots a été divisé par 2 à 3 en 30 ans (prix allant de 180 à 12 000€ )
  • Les ventes de « robots collaboratifs » représentent 2 % d’un marché mondial de 229 000 unités en 2015 (source : IFR)

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