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RSE à l’heure du digital : sur quoi se fonde l’éthique des entreprises ?

Une entreprise engagée dans la transformation digitale peut difficilement faire l’impasse sur sa responsabilité sociale. Des pseudo-normes se mettent en place et redessinent les contours de la réglementation. Mais le modèle des start-ups inspire aussi beaucoup les moyennes ou grandes entreprises.

La responsabilité sociale (ou sociétale) de l’entreprise (RSE) tend à devenir un élément important de la stratégie des entreprises – et non plus seulement du marketing. Certains chercheurs font même valoir que les entreprises deviennent plus compétitives en étant plus « socialement responsables » et en « créant de la valeur partagée ».

Les arguments en faveur de la RSE pour les entreprise :

  • une meilleure réputation de l’entreprise
  • une meilleure capacité à motiver ses salariés et à attirer de nouveaux talents
  • un argument pour attirer des clients et des investisseurs

La RSE, renvoie notamment à la nécessité d’une gouvernance effective de l’entreprise, c’est-à-dire un minimum de transparence.

RSE et gouvernance d’entreprise

Cela implique pour l’entreprise d’être ouverte et capable de communiquer les bonnes informations à toutes les parties prenantes, et d’exiger de ses managers une conduite impliquant honnêteté, respect des engagements et des contrats.

En interne, cela se traduit par une communication sur le rôle et la composition des comités de direction et d’entreprise, les relations avec les actionnaires, la publication de résultats financiers ou encore, point plus délicat, sur les modalités de sélection des managers.

En pratique, la gouvernance au sein des entreprises peut connaître des contestations quant à sa légitimité, n’appliquant pas ou peu les salariés. Et le manque de règles coercitives dans le domaine de la RSE semble peser.

Comment y remédier ? En institutionnalisant la RSE, par le biais de pression de la clientèle, des syndicats, des associations de consommateurs, d’ONG sociales ou même d’actionnaires soucieux des décotes éventuelles.

RSE : et si on appliquait l’esprit start-up ?

Le principal bousculement en faveur des valeurs RSE provient de la forte attraction qu’exercent les start-ups auprès des jeunes diplômés. Les grandes entreprises qui se focalisent sur l’innovation digitale constatent que les jeunes diplômés, épris d’indépendance et d’esprit entrepreneurial, sont de moins en moins séduits par les grandes organisations.

Les initiatives RSE trouvent plus de légitimité en start-up qu’ailleurs, puisque les informations se partagent vite dans un climat d’ouverture et de confiance, où le temps personnel est respecté, où la responsabilisation de tous est réelle et où l’intelligence collective est stimulée, loin des clivages d’organisation.

C’est toute la force de « l’esprit start-up ». La nouveauté est donc que les grandes structures acceptent de se remettre en cause au nom la transformation digitale : beaucoup ont commencé à créer des espaces de travail décloisonnés, des fab-labs ou des cellules d’innovation sur ce modèle de la valeur partagée, nécessairement ouvert à l’extérieur.

Ils l’ont dit

Isaac Getz, chercheur (Arte, février 2016) :

Il n’existe pas de recette miracle. La transformation peut prendre trois ans pour une PME ou dix ans pour un groupe. Il faut que le changement soit impulsé par en haut. (…) Ensuite, c’est à chacun de construire son chemin de libération.

En chiffre

  • Seuls 31 % des salariés français déclarent pouvoir influencer les décisions qui sont importantes pour leur travail, contre 38 % en Allemagne, 39 % en Espagne et 45% au Royaume-Uni (…).  La France est la moins bien classée, devant la Slovaquie (Commission européenne)  
  • La France a suscité la création de 10 000 start-ups ces 5 dernières années (source : 1001 Startups.fr )

Pour aller plus loin