Skiller, le nouveau réseau social professionnel gratuit et collaboratif !

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Skiller, le nouveau réseau social professionnel gratuit et collaboratif !

Jérôme Introvigne est l’ancien directeur du management de l’innovation au sein de la biscuiterie Poult. Il s’est lancé dans la création de Skiller, un réseau social pour favoriser l’échange de compétences entre professionnels. Voici 5 questions flash pour découvrir le nouveau réseau social professionnel.

Introvigne

Jérôme, pouvez-nous faire le pitch de Skiller en une phrase ?

Skiller est le premier réseau social, gratuit et collaboratif, qui reconnaît, valorise, et propulse vos compétences professionnelles dans l’économie du partage.

Comment est né ce projet ? 

J’ai toujours été convaincu que la collaboration était plus vertueuse que la compétition ! Dans mes expériences professionnelles passées, j’ai toujours cherché à partager mes savoirs et savoir-faire, donner aux autres et apprendre d’eux, développer des écosystèmes, connecter les personnes et les organisations.
 
L’économie du savoir, la transformation numérique de la société rendent maintenant possible et nécessaire la libération et la connexion des compétences professionnelles à grande échelle : c’est la mission de Skiller. Il est temps. Libérer les compétences dans le sens où elles sont soit prisonnières d’une absence de reconnaissance symbolique, tel un diplôme ou un CV, soit prisonnières d’une organisation qui les a privatisées pour son compte. Les compétences appartiennent bien aux individus et nous ambitionnons de les intégrer dans un écosystème bienveillant, favorisant une collaboration très large.
 
Le monde du travail ouvre grand les bras à l’économie collaborative, à la collaboration, au partage. Sur Skiller, on échange des compétences contre de la reconnaissance, et dans le même temps, la communauté évalue et valorise nos compétences. Des entreprises de taille très différentes s’y intéressent de près et des discussions sont en cours avec de nombreuses organisations, ce qui démontre l’intérêt d’une approche collaborative et ouverte pour définir, valoriser, découvrir, et pourquoi pas très bientôt « recruter », des compétences professionnelles.

Vous êtes l’ancien directeur de l’Innovation du Groupe POULT, l’entreprise libérée. C’est la fin du management ou de la hiérarchie ?

La transformation radicale de Poult, sa dé-hiérarchisation, sa dé-territorialisation, représente une marche incroyablement haute pour de nombreux acteurs économiques. Déjà les grandes organisations connaissent des difficultés pour recruter les compétences clés dont ils ont besoin. Un jeune diplômé sur deux veut créer sa propre entreprise… De l’autre côté, l’économie du partage explose, les quarantenaires font leur ‘job-out’ et quittent de très belles positions dans les entreprises pour créer des startups, les jeunes diplômés quittent les grands groupes car ils n’y trouvent pas de sens, des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires ne sont pas pourvus faute de candidats. Tout est à réinventer ! 
 
Depuis l’année dernière, un tiers des travailleurs du secteur marchand aux USA est constitué de part-time freelances, des travailleurs indépendants qui travaillent à temps partiel pour plusieurs entreprises. On en attend 25% en Europe en 2020. Je suis convaincu que nous allons vers le no-management, et les plus jeunes nous montrent le chemin : pour eux le sens est la première quête et le non sens insupportable. Ils sont autonomes, exigent la reconnaissance de leurs compétences et pour les plus exigeants, ils veulent changer ce monde !

Digital & entreprise libérée vont-ils ensemble ? L’un est-il facilitateur de l’autre ?

Comme la démocratie n’a pas attendu le développement du numérique, les entreprises n’ont pas attendu le smartphone pour démocratiser leur gouvernance et leur principe de gestion. Ceci dit, la numérisation de notre société a deux impacts majeurs : la possibilité pour chaque individu d’interagir et collaborer bien au-delà de sa sphère sociale d’origine, et l’accessibilité du savoir et des compétences, y compris des minorités hier encore invisibles, comme ce mouvement de démocratisation de la Société et des sociétés. 
Le numérique est un accélérateur incroyable avec ses nouveaux outils, et surtout sa culture. Les dirigeants n’ont plus vraiment le choix car les enfants d’internet n’acceptent pas des principes de management qui ont un siècle !

Votre conseil aux dirigeants qui veulent prendre le virage du numérique ?

Avez-vous déjà offert une tablette ou un smartphone à quelqu’un qui découvrait, à cette occasion, le monde numérique ? La crainte de faire une erreur est alors omniprésente, jusqu’au moment où cette personne découvre que, dans ce nouveau monde, on a le droit à l’erreur, on peut revenir en arrière ou alors on est prévenus ! Dans le monde des startups, dans le monde numérique, on ne fait pas d’étude de marché, on développe un prototype et on en parle dans les réseaux sociaux pour mesurer l’intérêt de clients éventuels ! Nos dirigeants acceptent mieux jour après jour que l’expérimentation et l’ouverture sur son écosystème soient des clés majeurs pour assurer leur résilience. Sans vouloir faire de pub, si jamais ils veulent prendre le chemin de l’entreprise 2.0, ils trouveront tous les conseils et le soutien nécessaire auprès de la communauté Skiller !

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