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Transformation digitale : la culture avant tout

« Si on ne comprend pas que la transformation digitale est une transformation de culture, on n’y arrivera pas » rappelait Sébastien Bazin, PDG d’Accor, lors du dernier 01Business forum. Mais il n’est pas toujours nécessaire de convaincre les employés, eux-mêmes souvent adeptes du numérique. Reste à assouplir le cadre de l’entreprise pour laisser s’épanouir leurs compétences.

La transformation digitale : une transformation de culture avant tout

88 % des entreprises ont un projet de transformation numérique révélait fin 2014 une étude d’Altimeter Group. Pourtant, adopter une culture digitale dans une entreprise ne se commande pas d’un coup de baguette magique. D’abord, parce qu’il faut en amont des prémisses pour initier le mouvement.

Instiller une culture digitale ne peut venir qu’après avoir clairement affiché une vision. Et cette vision doit être partagée et propagée par le comité de direction. Partagée et donc acceptée par l’ensemble des cadres, propagée et donc impulsée également.

C’est là que la question de la gestion du changement devient centrale. Car sans impulsion forte, point de salut.

Pour faire muter l’ADN de l’entreprise vers la culture digitale, il conviendra de passer vers des processus beaucoup plus agiles, muscler les capacités des individus par des formations idoines, et répondre aux nouveaux besoins des salariés.

Se focaliser sur la technique est la pire des choses

Ensuite, et seulement ensuite, viendront les outils et la technologie appropriée. Car se focaliser sur la technique est la pire des choses. Et ce pour deux raisons.

La première, c’est que mettre en place un outil pour répondre à un besoin ne sert à rien si ce besoin n’est pas explicité, débattu, partagé au niveau des employés. L’exemple est connu : il y a quelques années, l’US Postal avait décidé de munir ses équipes d’un logiciel ultra sophistiqué qui devait changer leur quotidien. Après un an d’essai, l’expérience fut annulée : les employés consacraient deux fois plus de temps à réaliser leurs tâches.

La seconde, c’est que dans leur vie quotidienne, de nombreux employés sont déjà des technophiles avertis. Leurs ordinateurs personnels sont plus puissants que ceux de leur bureau, et ils utilisent déjà la messagerie instantanée, alors que celle ci est parfois bannie sur le lieu de travail.

La culture digitale, un rapport de confiance

La technique, le savoir-faire, n’est donc en rien la priorité. Misez plutôt sur un travail de fond sur les manières de penser. “La culture digitale se base sur un rapport à la confiance” explique dans une tribune récente Anthony Poncier, Social Business Director Europe chez Publicis. Mais “la défiance est double, que ce soit de la part des collaborateurs ou bien de la part des managers”, souligne-t-il.

Il conviendra donc de travailler divers aspects, dont la dimension collaborative : il s’agit concrètement de personnes qui se connaissent peu et qui s’unissent au sein de problématiques communes pour construire ensemble de l’information. Ce qui représente un challenge énorme pour l’entreprise puisque la structure hiérarchique traditionnelle est en opposition à la culture collaborative. Structure qui favorise le fonctionnement en silos, les luttes internes entre directions et la rétention d’informations.

L’autre dimension qui peut faire l’objet d’un focus est la culture d’ouverture et de partage qui évite que l’information soit réservée à ceux qui la produisent et qui la détiennent. Elle doit être partagée et publiée afin de permettre un enrichissement par la communauté.

Le challenge est de taille puisqu’il s’agit simplement d’opérer un changement de culture au sein des organisations en se calquant sur les codes issus du web. Si ce changement de paradigme nécessite un accompagnement des managers et collaborateurs pour les aider à travailler de manière collaborative, il n’en reste pas moins crucial de repenser le modèle de gouvernance pour autoriser et faciliter ces nouveaux comportements.

En chiffres

88 % des entreprises ont un projet de transformation numérique, révélait fin 2014 une étude d’Altimeter Group.

Ils l’ont dit

Anthony Poncier, Social business director Europe, Publicis : 

« La culture digitale se base sur un rapport à la confiance” explique dans une tribune récente […] mais la défiance est double, que ce soit de la part des collaborateurs ou bien de la part des managers »

Sébastien Bazin, PDG d’Accor : 

« Si on ne comprend pas que la transformation digitale est une transformation de culture, on n’y arrivera pas ».

Romain Chassinat, Directeur du Digital, REXEL France

« [La transformation digitale est] un projet d’équipe. Ce serait une erreur de se focaliser sur les outils« .

Pour aller plus loin