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Transformation digitale : vers une consumérisation du travail ?

La “consumérisation” s’est imposée comme un classique du langage IT. Derrière ce terme, une tendance de fond : les employés désirent avoir des outils informatiques aussi puissants et conviviaux que ceux dont ils disposent dans la vie privée.

La consumérisation des outils de travail…

Comment expliquer à des employés qu’il faut utiliser un logiciel de messagerie demandant une semaine de stage pour l’appréhender alors qu’à côté, Facebook est si simple d’utilisation ? L’informatique d’entreprise, jadis en pointe technologiquement, s’est soudainement retrouvée très en retard par rapport à la montée des outils grand public au cours des années 2000.

L’informatique d’entreprise a dû apprendre à mieux prendre en considération l’expérience utilisateur, à considérer les employés comme des vrais “consommateurs”. L’informatique d’entreprise, que d’aucuns voyaient comme ringarde, a su se transformer pour donner naissance à des outils aussi conviviaux que Slack ou Microsoft Teams. Facebook, lui-même, s’y est mis en lançant l’année dernière l’outil Facebook for Work à destination des entreprises. Les tablettes, plébiscitées par les particuliers, se sont imposées aussi au bureau.

… mène-t-elle à la consumérisation du travail ?

À cette consumérisation des outils de travail succède aujourd’hui une tendance à la consumérisation du travail lui-même. L’employé est de plus en plus perçu comme un consommateur dans tous les domaines de sa relation au travail : son parcours de carrière, son environnement de travail, la communication interne… Dans un marché de l’emploi de plus en plus liquide et de plus en plus “ubérisé”, les exigences des employés sont toujours plus grandes. Pour le consultant Bertrand Duperrin, la “consumérisation” du travail est une autre manière de nommer la transformation digitale.

L’entreprise se transforme dans tous les secteurs avec le digital et le salarié apparaît de plus plus comme “un marché d’une personne” auquel il faut sans cesse s’adapter. Les Millenials sont 66 % à penser qu’ils se sentent mieux dans une entreprise qui adopte un mode d’organisation flexible avec la possibilité de travailler à distance que dans une entreprise qui demande à ses employés d’être au bureau de 9h à 19h tous les jours. L’environnement de travail s’adapte ainsi à cette clientèle de plus en plus exigeante. Ce n’est pas un hasard si les sièges des entreprises de la Silicon Valley, qui se livrent une guerre pour les meilleurs ingénieurs, ressemblent de plus en plus à de petites villes avec salon de massage, salle de gym et restaurants gourmets.

Et si le premier des consommateurs d’une entreprise, c’était l’employé lui-même ?

Ils l’ont dit

Brian Solis, analyste chez Altimeter Group

Slack n’est que le début d’une renaissance de l’entreprise qui ne change pas juste la high-tech — ça change aussi la manière dont les entreprises (et les employés) travaillent

Manuel Diaz, président d’Emakina.fr

Le travail doit devenir une expérience fondée sur la simplicité, l’engagement et l’efficacité. C’est un enjeu de performance, de productivité, de capacité à retenir les talents… et quasiment de santé publique.

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